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'L'Ecriteur' par Skalpel



'L'Ecriteur' par Skalpel

"L’Ecriteur (Tentative de réflexion un peu bordélique sur l’action d’écrire)"



« L’université moderne ne confère le privilège de la contestation qu’à ceux qu’elle a déjà étalonnés et classés, dont elle sait qu’ils seront capables de faire de l’argent ou de détenir une part du pouvoir. »

Ivan Illich.



Je veux écrire mais je ne veux pas être un écrivain, j’aspire, l’humilité comme arme au bout de ma plume, à être un Écriteur !

Je ne veux pas appartenir à cette catégorie de personnes que sont les écrivains professionnels. Peu importe qu’à l’intérieur de celle-ci évoluent des gens auxquels je peux parfois m’identifier, que ce soit d’un point de vue intellectuel, moral ou politique. Je rejette cette catégorie de toutes mes forces. J’aspire modestement à être un créateur dont l’imaginaire souvent trouble, trouve systématiquement écho dans le réel. Je suis un amateur à perpète de l’écriture, un artisan ou un autodidacte de la plume.

Noircir du papier en grande quantité ne me place pas au-dessus de ceux qui écrivent peu ou pas du tout. Un slogan bien senti vaut mieux qu’un livre de trois cents pages dégoulinant de sperme issu d’une branlette intellectuelle collective.

J’estime être un militant qui se sert de l’écriture, que ce soit à travers des textes de rap, de poésie, d’articles ou de réflexions lâchées sur un carnet, comme d’une arme pour faire avancer ses idées. Je fais de la propagande et j’assume. Je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni spécialiste de quoi que ce soit. Écrire est pour moi un acte militant qui me procure du plaisir mais qui me demande un effort considérable étant donné que je (sur)vis dans le monde réel.

Le plus souvent, j’écris quand je peux et non pas quand je veux, c’est ce qui me différencie de certains écrivains et qui paradoxalement me donne de la force et du courage. Ne pas pouvoir écrire quand je veux me frustre et, en même temps, si je n’éprouvais pas ce manque et cette frustration, je me demande si mon discours serait le même. Ma motivation est d’autant plus grande que je manque de moments où je peux vraiment laisser place à mon action créatrice. Voyager dans mon imaginaire est un plaisir que je n’éprouve que très rarement du fait de ma vie quotidienne. C’est un luxe que les privilégiés peuvent se vanter de réaliser et cela est logique car leurs privilèges leurs permettent d’accéder à la légèreté de certains moments, même s’ils n’en ont pas totalement conscience. C’est justement leurs privilèges égoïstes que je m’évertue à combattre dans la réalité. Mon temps est compté, précieux, mais ce n’est pas de l’argent. Je n’ai pas les moyens de le gaspiller. C’est un élément important de ma vie et aller à sa rencontre est une lutte quotidienne.

Lâcher sur du papier ce que l’on a dans le bide se mérite, et cela en vaut uniquement la peine si c’est au milieu d’un quotidien riche en rencontres, actions et réflexions.

Écrire n’est pas une activité professionnelle qui me coupe de la réalité et dont je tire un profit matériel qui me place dans une catégorie sociale qui n’est pas la mienne et dont je voudrais m’extraire à tout prix. J’ai la chance de ne pas être écrasé par la culpabilité et de ne pas mener une vie dont je voudrais me défaire parce que subitement j’aurais pris conscience que j’ai vendu mon âme et mes tripes. Je suis et je resterai un artisan modeste et précaire. Je mourrai têtu et pauvre. Je ne veux rien posséder d’autres que mes livres (sic) et mes convictions.

Pour l’Écriteur, la quantité et la qualité de ses écrits sont éventuellement deux facteurs qui sont systématiquement proportionnels au rythme de sa vie militante. Plus il a le souci (parfois maladif) de militer dans le réel et de joindre la pratique à la théorie, plus il a envie d’écrire et mieux il écrit. C’est-à-dire qu’il augmente le degré de satisfaction personnelle qu’il tire de l’action d’écrire. Le temps qu’il passe à écrire lui permet de prendre du recul par rapport à sa vie militante et le temps qu’il passe à militer lui permet de faire de même en ce qui concerne l’écriture. Ces deux activités s’enrichissent mutuellement. L’une ne peut pas exister sans l’autre quand on est à la recherche d’une pratique cohérente en ce qui concerne l’action d‘écrire.

Paradoxalement, l’Écriteur est un éternel insatisfait et les éventuelles critiques sur sa cohérence ou non ne sont rien en comparaison de son propre jugement. La personne la plus exigeante avec l’Écriteur, c’est l’Écriteur lui-même.

Être totalement conséquent demande beaucoup d’abnégation et cela est impossible dans sa globalité. Être un Écriteur par les temps qui courent n’est pas de tout repos ni même quelque chose de confortable. Il y a donc peu de risques de constater un décalage entre la réalité à laquelle il attache une importance primordiale, et dont beaucoup d’écrivains s’autoproclamant militants sont coupés, et sa vie de tous les jours.

En toute franchise, j’exècre (c’est le mot qui me vient à l’esprit) ceux qui sont capables de tenir un discours ultra-radical dans leurs livres et d’avoir une attitude totalement opposée à ce discours dans la vie de tous les jours. Rien d’original ou d’étonnant dans cette attitude, qui pour beaucoup peut paraître naturelle, ce n’est pas une posture inédite et celle-ci traverse la plupart des milieux artistiques où il existe une volonté d’exprimer une parole subversive. Cependant j’ai l’impression qu’il y a peu de gens qui se font l’écho des rares réflexions qui analysent la responsabilité et le « devoir moral » dont devraient faire preuve les personnes qui écrivent. Je trouve, un peu comme les auditeurs dans la musique, que les lecteurs manquent d’exigence vis-à-vis de ceux qui se définissent comme des écrivains contestataires. À partir du moment où le discours leur semble intéressant, il cesse toute critique de fond. Il ne s’interroge ni sur les réseaux par lesquels leur sont parvenues ces belles paroles, ni sur les conséquences que peuvent avoir le fait que ces belles paroles révolutionnaires cautionnent un milieu, par exemple celui de la distribution et de la promotion qui sont totalement au service du pouvoir. En même temps, penser en termes de promotion vous place d’emblée dans une catégorie qui ne peut pas être celle de l’Écriteur. Comme dans le rap où « le bon texte ne suffit plus », dans la littérature « le bon bouquin ne suffit plus ».

Plus que tout, je hais ceux qui se font le relais de ces pseudo-écrivains rebelles en leur donnant du crédit et en les présentant comme des nouveaux intellos-alternos de la plume qui propageraient un pseudo-message révolutionnaire au sein d’une société où gronderait une révolte sans nom. Selon moi, les éditeurs et diffuseurs opportunistes sont pires que les auteurs institutionnalisés par « le parti de la presse et de l’argent » car ils contribuent à briser l’isolement salutaire dans lequel pourraient se trouver ces sociaux-traîtres de l’écriture, qui nous vendent quand cela les arrange, tantôt une pensée compliquée, voir abstraite, tantôt l’expression d’une légèreté littéraire ayant pour but imaginaire d’être accessible à la grande majorité du peuple des bas-fonds.

Je hais ces chantres de la vulgarisation à outrance, qui ne sont rien d’autres que des vulgaires minables qui maintiennent le statu quo en se définissant comme des écrivains révolutionnaires, alors que ce ne sont que des professionnels rémunérés qui plus tard toucheront leurs retraites de pseudo-philosophes contestataires. En même temps, je suis bien obligé d’admettre qu’il n’y a pas grand chose à attendre de la part des circuits officiels en terme d’outils concrets ou de leviers permettant la propagation d’idées révolutionnaires au sein de la grande masse inerte, si ce n’est de la théorie, toujours de la théorie et rien que de la théorie. Le tout diffusé à distance raisonnable de la radicalité aventuriste et irresponsable dont certaines personnes qualifient les Écriteurs que nous prétendons être.

À la limite, les témoignages maladroits basés sur des vécus réels, qui n’ont aucune autre prétention que d’être ce qu’ils sont, peuvent être plus subversifs que des théories fumeuses et élitistes. Je pense à certains romans, entretiens ou écrits de prison qui portent en eux une honnêteté intellectuelle beaucoup plus grande que certaines théories subversives commercialisées.

Camarades écrivain-e-s révolutionnaires

Je vous invite, en toute modestie, surtout ceux qui souffrent d’un mal-être existentiel et de complexes intellectualisés et qui nous pondent des théories subversives pour universitaires en manque de sensations fortes, à venir respirer l’air pollué de la rue et à transpirer sur le terrain de la lutte sociale. Cela vous donnera peut être envie de revoir votre discours et d’analyser la façon dont vous choisissez de diffuser vos œuvres d’écrivains qui s’enrichissent sur l’histoire tragique de personnes ou de groupes dont vous êtes à des milliers de kilomètres, que ce soit dans la pratique, la théorie ou tout simplement socialement.

N’ayez pas peur d’écrire moins et mieux ! Brûlez vos contrats chez les grands éditeurs ! Refusez que vos livres soient vendus dans les grandes enseignes et privilégiez les petites librairies de quartiers, les tables de presse militantes ou les info-kiosques. S’il vous reste des stocks, envoyez-les aux bibliothèques de quartiers, offrez-les ou utilisez-les pour caler un meuble. S’il vous reste moins de temps pour vous branler sur votre statut d’écrivain professionnel, parce que vous avez décidé de vous déplacer vous-mêmes avec vos livres en mains pour les fourguer et les diffuser, tant mieux ! C’est dur mais ça fait du bien à l’âme et à l’esprit, au corps aussi. Ne pleurez pas et déconstruisez un peu ce rapport idéaliste que vous entretenez avec vos éditeurs qui vous font croire qu’ils sont vos amis et vos alliés dans le combat que vous prétendez mener. Vous pourrez, plus tard, tirer un bilan de cette aventure et écrire un nouveau livre qui parlera de cette expérience douloureuse mais salutaire qu’a été ce rejet et ce suicide social tellement appréciable quand il s’agit d’être cohérent avec son discours.

Vous n’avez plus d’excuses camarades ! Si vous continuez ainsi c’est que vous êtes des enfoirés, c’est tout ! Mêmes vous, camarades amis et amies que je croise parfois.

L’Écriteur n’est pas forcément moins bon ou meilleur au niveau de la forme écrite sous prétexte qu‘il cherche à faire les choses de façon alternative et à passer par d‘autres circuits que les réseaux officiels. Je pense sincèrement qu’il s’en fout complètement.

Pour ma part, j’écris, quand cela est possible, de façon spontanée et compulsive. J’espère, avec d’autres qui sont dans mon cas, être l’instigateur d’un certain bordel plus ou moins organisé qui a pour but de toucher la sensibilité des personnes que je veux semblables à moi-même dans ma recherche d’une utopie à construire.

Je n’ai pas l’inquiétude maladive qui accompagne ceux qui sont à la recherche d’un style ultime qui plaira à une élite d’écrivains décisionnaires et influents. Je n’attends pas plus quelque chose de la part de ce milieu que d’une personne lambda. Désolé de décevoir les stratèges professionnels de la littérature ou les éditeurs se revendiquant comme militants au milieu d’un circuit pourri par les règles et les codes du business, mais dans l’absolu je tente d’appliquer une grille de lecture non dogmatique, similaire à celle que je m’applique à moi-même dans le cadre d’un militantisme quotidien, que ce soit au travail, sur scène, en manif, en réunion ou en action. Je me fous que les médias parlent de moi, je suis conscient que l’information peut circuler par d’autres moyens.

L’Écriteur se doit d’être exigeant avec lui-même. Et de fait il l’est. Il affirme tellement son souhait d’être cohérent et de suivre une ligne directrice intangible, qu’il se rend vulnérable à la critique militante light qui attend, tapie dans l’ombre de l’industrie, l’instant où il fera un faux pas pour lui tomber dessus et le condamner sans aucune forme de procès équitable (ça existe un procès équitable ?). Et de fait, il le fera ce faux pas, car il est actif et prend des risques, et sait pertinemment que la perfection n’existe pas.

De plus, pensez-vous vraiment que l’Écriteur se soucie de l’avis d’une bande de petits connards universitaires qui mènent une vie de bourgeois ? Il est son propre maître, de conférence, bien sûr.

Cette course à la cohérence est peut-être un défaut qui le pousse à émettre certains jugements de valeurs un peu trop radicaux, mais bon, fuck ! on ne peut pas être à la fois, un révolutionnaire dans son organisation politique (souvent dans le cadre de discussions purement théoriques), un social-démocrate dans le monde de la musique et un rebelle névrosé sans cause au sein d’une grande maison d’édition. La cohérence doit être la même partout. Cela ne veut pas dire que c’est quelque chose de facile à mettre en place, ni même que cela est réalisable dans sa globalité, sans faire face à différentes contradictions parfois difficiles à gérer ; mais aller dans ce sens-là, sans être un dogmatique, ni un religieux de l’anarchisme et de la culture alternative transformée en mode, est plus que souhaitable pour être un bon Écriteur.

Je me fous totalement que mon prétendu style rentre dans des cases bien précises. Je ne cherche pas à me dédouaner ou plutôt à esquiver une certaine obligation (ça se discute…) de qualité minimum dans la transmission de la parole écrite, je travaille à m’améliorer constamment, mais je ne me préoccupe pas des critères officiels qui font de telle ou telle personne un bon ou un mauvais écrivain. J’essaie, tout simplement, d’être le plus clair possible. Je ne suis pas stupide au point de penser que mon œuvre( ça se la raconte sévère…) puisse être accessible à tous, je sais qu’il n’existe aucun texte qui puisse être compris par tout le monde. Je m’efforce juste d’être intelligible pour les gens auxquels je m’adresse. Je sais où trouver ces gens et comment leur parler, je n’ai donc pas à déconstruire ou construire un rapport social adapté à cette situation précise pour entamer un dialogue avec cet interlocuteur d’en bas, trop souvent méprisé ou bien idéalisé dans son rôle de victime paternalisée par les avant-gardes éclairées.

Épargnez-nous votre pitié condescendante !

De toute façon, qui est vraiment légitime pour juger de la qualité, du style ou de la compréhension totale d’une œuvre écrite ?

Le lecteur ?

Mais quelle catégorie de lecteur ?

Ceux qui n’écrivent pas ?

Ceux qui écrivent ?

Ceux qui ont été à la fac ?

Les autodidactes de la littérature ?

Les génies de l’écriture ?

Et d’où tiendraient-ils leur légitimité pour juger et critiquer ?

Et au final, les écrivains savent-ils vraiment à qui ils s’adressent quand ils écrivent leurs livres ?

Cela fait beaucoup de questions et, en toute franchise, je n’ai pas de réponses toutes faites à proposer.

Chaque lecteur est un critique littéraire en puissance, même inconscient, ce qui d’une certaine façon répond à certaines des questions précédentes. Le lecteur aimera ou n’aimera pas ce qu’il vient de lire, mais est-ce qu’il sera vraiment capable d’expliquer pourquoi sans tomber dans le gouffre d’une analyse pompeuse où l’on suppose que l’écrivain a voulu exprimer ceci ou cela, sous prétexte que… et à condition que….alors que souvent il a juste exprimé une idée de façon spontanée. Et le lecteur lambda n’aimera-t-il pas tel ou tel livre pour la seule et unique raison que partout dans les médias on lui dit que c’est cool d’aimer ce livre ? La réponse semble évidente: OUI !

Il ne s’agit pas de transformer le lecteur en une victime naïve ou en un ignorant stupide incapable de comprendre un texte, mais franchement, qui peut nier l’influence des médias dans les jugements de valeurs qu’émet le consomme-acteur sur tel ou tel livre qu’il a lu ?

L’augmentation des ventes de livres est proportionnelle à la chute de l’esprit critique chez les lecteurs. Il n’y a pas de hasard, c’est un fait avéré.

Par exemple:

Dans ce pays fantastique et parfumé d’hypocrisies qu’est le monde de la littérature officielle et médiatique (salons, clubs, émissions…), il y a l’écrivain médiocre qui, clope à la bouche, l’air pouilleux alors qu’il vit confortablement, nous pond des romans foireux et faussement provocateurs (depuis ce gros con s’est mis à chanter…), et il y a le philosophe consensuel-élitiste-star invité des plateaux télé qui est convaincu d’être intelligent et novateur dans les propos qu’il véhicule. Parfois ils forment une seule et même personne, ce qui est risible, car on s’aperçoit facilement, si on écoute et observe attentivement, que chaque livre écrit par cette personne est le fruit d’un caprice et d’une envie de privilégié, et non pas d’une réelle volonté d’exprimer un point de vue politique sincère ou une expérience vécue douloureusement, et qu’il aurait le temps d’un bouquin envie de partager avec les siens. Il n’y a aucun instinct de révolte dans sa démarche. Si au moins on pouvait se dire que tel ou tel livre est le fruit d’un esprit torturé et malade, cela pourrait avoir un intérêt poétique ou morbide, mais c’est une réalité extrêmement rare car le tout est bien encadré par des règles et des codes commerciaux, qui rendent impossible l’existence d’une littérature militante et cohérente dans l’industrie du livre. Malgré tout, il y a certaines exceptions à la règle et il ne s’agit pas ici de jeter la pierre à ceux qui ont parfois diffusé leurs œuvres à travers ces « réseaux » dans le but de ne pas être enfermé dans un milieu militant, l’important est que cela reste un fait ponctuel et qu’il soit réfléchi puis analysé dans le cadre d’une stratégie politique précise, mais surtout qu’il soit assumé et non pas justifié comme un acte honteux, personne n’est parfait, surtout quand il agit seul.

On a souvent tendance à confondre écriture trash et littérature alternative.

Sans vouloir en faire une généralité, je pense que pour bien écrire il faut avoir souffert et vécu des choses dans la vraie vie, et encore parfois cela ne suffit pas. Avoir squatté les bancs de l’université avec des spécialistes des lettres n’est absolument pas un gage de qualité. Dans la logique qui tend à définir ce qu’est un bon Écriteur, cela est même un handicap. Ou alors il faut faire preuve d’une humilité sans faille. Tout ne peut pas se théoriser.

Certaines personnes écrivent des livres comme ils vont en vacances où s’achètent une montre. Ils le font parce qu’ils en ont les moyens et c’est tout. La seule chose qu’ils partagent avec leurs lecteurs matrixés c’est une forme de néant artificiel, retransmis à la télévision ou à la radio de façon hypnotique par les émissions littéraires à la con qui ressemblent plus à des spots de pub qu’à de véritables espaces d’échanges culturels. Ils évoluent dans des rapports humains éphémères et pathétiques. Demain ils joueront peut être de la trompette et sortiront un disque grâce à leurs amis qui tirent les ficelles du « showbiz » et ils essayeront de nous convaincre que toute leur vie ils voulaient jouer de la trompette.

Ils devraient se contenter du pipeau (facile…j’avoue…:).

De la même façon, dans un milieu plus ou moins alternatif, il y a le spécialiste universitaire membre d’une orga de gauche qui se définit lui-même comme un révolutionnaire, alors qu’il ne l’est que dans ses livres à 25 euros sur un sujet plus ou moins complexe dont il justifie le prix de vente par le temps de travail consacré et les conditions drastiques d’un contrat qu’il a signé de son plein gré (qui se sent visé là ?). La vérité c’est qu’il cherche à vivre (très confortablement, c’est à dire à la limite de l’indécence) de sa littérature subversive. Il a beau parler avec des gens d’en bas, et croire qu’il leur rend service ou partage quelque chose de sincère avec eux, pour justifier son attitude, cela ne fonctionne pas. La réalité c’est que la façon dont il choisit de diffuser cette parole écrite est en totale contradiction avec cette prétendue volonté de faire connaître un point de vue différent et non relayé par les médias officiels.

Je n’attends rien de la bourgeoisie et du milieu intellectuel, je me fous complètement que ces gens puissent avoir accès à un livre qui retranscrit le témoignage d’un jeune de cité qui coûte 20 euros et qu’ils sont les seuls à pouvoir se payer sans devoir compter les centimes. Je n’ai pas envie de convaincre ceux qui ont consciemment choisi de vivre du côté de notre ennemi.

Camarades écrivains, à qui souhaitez-vous vraiment vous adresser ? Qui essayez-vous de convaincre et surtout de la part de qui voulez-vous de la reconnaissance ?

Comment peut-on prétendre être sincère quand on évolue dans un milieu bourgeois du simple fait d’écrire des livres avec un contenu révolutionnaire ? Quand est-ce que le lecteur va exiger de la part de l’écrivain, de l’auteur, du dessinateur ou du chanteur, de la cohérence TOTALE ?

Désolé, mais écrire une BD sur la commune de paris et se sentir solidaire de certains prisonniers en donnant un dessin pour une affiche, et dans le même temps vendre les droits d’une autre BD que l’on a dessinée à des enfoirés de l’industrie du cinéma capitaliste, c’est faire preuve d’incohérence totale. La meilleure chose que l’on puisse faire pour honorer une lutte, ce n’est pas un dessin, ni même une chanson, mais d’agir en cohérence avec les idées portées par les gens qui ont mené les luttes auxquelles on se réfère et auxquelles on prétend rendre hommage à travers son art. Et surtout ne me dites pas que c’était soit ça soit la rue. C’est un argument de merde que nous balancent à la gueule ces enfoirés de flics qui nous font croire qu’ils n’ont pas pu faire autrement que de devenir agents de la paix. Dans le rap aussi nous avons des petites stars qui nous font croire après avoir eu un gamin qu’ils étaient obligés de signer un contrat avec une grosse maison de disques qui exploite l’art pour lequel nous nous battons. Car vous comprenez il faut nourrir les gosses. Étant donné que je suis père, je suppose que si je me vends, tout en gardant la même verve, vous me pardonnerez mon acte ?

Vouloir convaincre n’est pas une raison suffisante pour tirer ma plume, tantôt vers le bas ou tantôt vers le haut, en m’exprimant à l’écrit d’une façon qui ne m’est pas naturelle. Je ne veux pas faire semblant d’être ce que je ne suis pas pour plaire à une majorité de lecteurs-acheteurs qui transforment des livres en best-sellers. Je ne vais pas me forcer à écrire dans un français académique, disons propre à la littérature classique, pour attirer l’œil de la critique littéraire. Je ne vais pas non plus faire semblant d’écrire dans un langage argotique pour faire croire que je suis un vrai prolo de chez prolo. J’essaie d’être le plus naturel possible. J’aime tout ce qui a pour but de bousculer les critères qui habituellement définissent les bons écrivains. Cependant je ne veux pas faire de cet acte de rébellion, qu’est ma prétention à vouloir me définir comme un Écriteur, une nouvelle mode ou un nouveau concept en vue.

Je veux conserver mes prétendus défauts, dus à une absence de formation littéraire officielle, ainsi que mes qualités acquises dans la dureté d’un parcours d’autodidacte. Les critiques, qui comptent vraiment pour moi, sont celles émises par des gens qui partagent mes angoisses et mes rêves, mon quotidien militant et affectif. Si le cas se présente, je me torcherai volontiers le cul avec les critiques qui me sont adressées par les gens qui décident de ce qui est bon ou mauvais au pays merveilleux des livres.

Je ne cherche pas non plus à me planquer derrière des styles d’écriture prétendument originaux ou innovants, voir abstraits, car ceux-ci sont souvent produits par les mêmes personnes des milieux professionnels bourgeois. La seule différence entre les pseudo-marginaux de l’écriture et les autres écrivains c’est ce côté un peu provoc et choquant qui les fait, le temps d’une mode médiatique, avoir le vent en poupe.

L’Écriteur se fout de vendre du livre, la plupart du temps il ne sait même pas où vont finir ses écrits.

(Sauf depuis qu’on les édite nous-mêmes, on est pas bien là ?)

Je suis un lecteur obsessionnel. Mon plus gros défaut et ma plus grande contradiction c’est d’avoir un certain instinct de propriété avec les livres qui composent ma bibliothèque personnelle. Je me justifie en disant que je les ai obtenus dans la douleur et grâce à ma sueur de travailleur précaire, ce qui est vrai, mais objectivement c’est une excuse bidon que j’ai honte de balancer à la figure de ceux qui me le reprochent. De plus, je suis conscient que beaucoup de livres que j’ai lus ont été écrits par des écrivains de talents et non par des Écriteurs. Ce constat me rend un peu schizophrène mais je suis bien obligé de faire avec.

J’ai tendance à pardonner à ceux qui partagent mes idées politiques, j’ai un avis et un comportement totalement subjectif.

Parfois, j’obéis à une soif de lire et d’écrire incontrôlable et maladive. Je ressens le besoin de transformer chaque événement du quotidien en nouvelles, mes souvenirs en récits, mes fantasmes en poésies et mes aspirations politiques en romans. Ou alors une sorte de mélange de tout ça.

Je pense que l’action d’écrire se doit d’être subversive. Il ne peut pas en être autrement dans le monde dans lequel nous vivons. La fête, la musique, la baise et même l’innocente légèreté de l’amour sont politiques. Nier cela, c’est nier le caractère oppressif de la société dans laquelle nous évoluons socialement.

Tout le monde peut écrire ! À condition de savoir pourquoi on le fait et de bien réfléchir à « comment on va le faire ». Et surtout de savoir à qui l’on s’adresse.

Il y a mille façons différentes d’appréhender l’action d’écrire, qui selon moi porte en elle l’expression d’une souffrance et d’une revendication quand elle est exécutée par ceux qui vivent dans le réel « politique ». Écrire en étant un indifférent et un individualiste c’est comme de faire l’amour avec quelqu’un en ne pensant qu’à son propre désir. Autant se branler et s’autosatisfaire dans son coin tout seul, sans faire chier les autres.

L’Écriteur se fout de respecter des codes d’écritures hérités d’écrivains spécialistes, de génies ou de professionnels de l’enseignement littéraire qui ne sont pas issus de son milieu social, à qui il ne s’adresse vraiment pas et qui ne peuvent, très souvent, pas comprendre les raisons profondes qui le poussent à

écrire et à empoigner le stylo sans aucun complexe. Je dirais même sans l’autorisation de personne. Il ne suit rien d’autre que ses instincts qu’il met en phase avec une éthique issue de sa pensée libertaire. Ses sentiments jouent un rôle important car ils traînent, entre les pages blanches noircies de son encre venimeuse, une énorme boule que son bide a produite en matérialisant ses émotions.

Comment ces écrivains professionnels pourraient-ils comprendre que pour l’Écriteur le besoin d’écrire devient de plus en plus vital avec le temps qui passe et l’urgence des situations qui se présentent à lui, que la feuille blanche que l’on va remplir d’encre est comme une bouée de sauvetage au milieu d’un océan de livres et de pages froissées ?

Je déteste la perfection. En vérité, j’aimerais me foutre de l’orthographe, de la conjugaison, de la grammaire et des règles de français en général, mais je n’ y arrive pas totalement.

Pourtant cela me faciliterait le travail. J’ai du mal à déconstruire ce rapport de dépendance à des normes d’écritures érigées par d’anciennes personnes qui m’indiffèrent totalement. Je déteste cette intelligentsia qui fait porter le poids de l’importance des règles qui régissent l’apprentissage et l’utilisation d’une langue à travers son expression écrite, sur les épaules de ceux qui sont censés nous transmettre un savoir populaire, en prétextant à chaque fois que c’est toute cette complexité qui fait la richesse de la langue. Pourquoi ne pas réinventer de nouvelles règles et briser celles existantes ? Par exemple, la féminisation des textes( que je n’ai pas appliquée dans ce cas précis) est une excellente chose qui n’est pas, il me semble, reconnue comme une règle officielle que l’on applique dans l’enseignement institutionnel. Peut-être pourrait-on simplifier certaines choses et les rendre plus compréhensibles, et surtout plus accessible hors d’un cadre strictement scolaire. À quoi bon se pavaner sur la richesse d’une langue si c’est pour que la majorité des gens n’aient pas conscience de cette richesse et ne puissent pas l’utiliser ou en jouir.

Pour l’Écriteur, il s’agit de se réapproprier l’expression écrite de la langue en y incluant les codes et les expressions populaires de son temps.

Il n’est pas question non plus, de forcer tout le monde à écrire comme dans un sms ou un texto en prétextant que cela est supersubversif, cool et innovant. Je dois avouer que parfois cela me donne la gerbe et me rebute au plus haut point. Mais pourquoi cette expression écrite ne serait-elle pas valable ? Ce qui compte, n’est-ce pas avant tout, la compréhension du message ?

Là encore il y a une part de subjectivité qui prend le dessus sur une analyse générale beaucoup trop complexe pour être développée dans ces quelques pages.

Je pense que toutes les formes d’expression écrite assumées sont valables quand elles ne sont pas récupérées par ceux qui détiennent le pouvoir. À titre d’exemple, je dirais que pour moi le graffiti, qui est une expression écrite avec un fort message subversif de part son essence, n’a rien à faire dans des salons bourgeois.

Je suis conscient en écrivant ces quelques lignes, que je navigue entre différentes contradictions et que je joue le jeu, d’une certaine façon, de ceux que je critique, mais j’assume. Ce n’est pas non plus un procès d’intention que je fais à ceux qui

sont soucieux, même à l’extrême, de certaines règles de français dont ils ne peuvent se détacher. J’aime la contestation et la remise en cause des schémas établis par les dominants, mais je n’aime pas la médiocrité et encore moins les rebelles sans causes.

Je dois avouer que dans mon cas quand je ne m’applique pas ce n’est pas par esprit de contradiction mais tout simplement par flemme, je ne suis donc pas excusable.

L’Écriteur n’est pas un babos. Il considère la paresse comme un droit dont on devrait faire l’éloge compte tenu de l’exploitation humaine qui accompagne l’existence moderne, mais pas comme une excuse à l’inaction ou au bâclage d’un éventuel processus créatif.

Il est conscient qu’écrire est un exutoire et un défouloir salutaire pour sa propre personne. Il est en colère, il ne sera jamais heureux nulle part tant que le monde continuera à être ce qu’il est. Écrire est pour lui une modeste contribution à la lutte engagée par des millions de personnes pour « changer le monde ».

Il est conscient que son « moi » est unique, mais cela ne le rend pas insensible et individualiste. Il n’a pas envie de vivre seul au milieu de nulle part, dans une cabane, avec ses tomates bio et la certitude d’avoir raison sur tout, en se convaincant d’être le révolutionnaire le plus pur et le plus parfait qui soit. Il n’est pas assez imbu de sa personne pour penser que les autres ne peuvent pas le comprendre et donc entrevoir la vérité absolue dont il serait un porte-parole incompris. Il aime la compagnie des êtres humains et des êtres vivants en général, il en accepte donc les avantages et les inconvénients et ne croit pas en une nature humaine qui serait bonne ou mauvaise. Il se considère, tels d’autres avant lui, comme un animal social qui agit parfois par instinct de survie. Il laisse entrer dans son cœur les paradoxes mouvementés de la passion, celle qui pousse à l’action et à la résistance. Selon lui, le courage réside dans le fait de vivre et de lutter là où les choses sont les plus compliquées, où il ne reste que très peu d’espoir et où la rage et cette envie de lutter sont soumises à rude épreuve.

Choisir d’être un militant ou une militante ce n’est pas faire le choix confortable d’enfoncer des portes ouvertes.

Ce n’est pas un martyr, un permanent ou un révolutionnaire professionnel qui attend que les choses se passent gentiment. Il lutte là où il vit. Son internationalisme le pousse à bouger, à créer des liens, des réseaux et des passerelles. Il œuvre pour la convergence des luttes tant souhaitée par une partie du milieu militant, mais il évite de tomber dans les pièges attrayants et confortables d’un tourisme militant.

J’assume d’être trop radical, trop relou, trop aventuriste, trop contestataire, trop violent, trop hystérique, trop exigeant, trop sérieux, trop speed, trop triste, trop glauque et au final d’être un ennemi des soc-dem que je considère comme le monstre principal à abattre (ou à retourner selon le cas et l’urgence). Je soutiens la violence et revendique le droit à l’autodéfense, comme l’ont exercée par exemple les inculpés et maintenant condamnés de Villiers-le-Bel. Je hais le pragmatisme dont il faudrait faire preuve quand on décide d’agir politiquement.

Beaucoup sont prêts à défendre la légitimité de la violence politique armée ou pas, quand celle-ci est utilisée comme un outil indispensable à la défense de son intégrité physique ou morale dans le cadre d’une lutte située géographiquement dans le tiers-monde, mais hurlent avec les loups quand certains en défendent la pertinence de sa pratique sur le sol européen, dans une société organisée et gérée par une démocratie bourgeoise. Ils souffrent du syndrome de l’exotisme révolutionnaire : « Un indien du Chiapas qui prend une arme pour se défendre face à l’armée mexicaine c’est bien, mais un jeune de cité qui se révolte dans sa banlieue après une bavure policière, ce qui n’est autre chose qu’un acte d’autodéfense légitime, c’est mal, c’est trop exagéré. La violence révolutionnaire c’est bien quand c’est à 5 000 kilomètres et que l’on peut suivre son évolution sur Internet en enfilant son t-shirt de Marcos, mais quand c’est au pays Basque, en banlieue ou en plein Paris, c’est trop radical.»

L’Écriteur pense qu’il est légitime de se révolter l’arme à la main, que ce soit face à une violence physique ou face au piétinement de sa dignité. Pour lui, il n’y a que l’intensité de cette violence qui puisse se discuter, rien d’autre. Il la considère comme un moyen indispensable pour la propagande et l’autodéfense. Mais il ne souhaite pas qu’elle se transforme en un argument qui serve à justifier une fuite en avant meurtrière. Ce n’est pas un concours qui se mesure à la quantité et à l’intensité des actions.

Prendre une arme est autant légitime que d’empoigner un stylo pour écrire.

Il y a victoire là où il y a résistance : Résister c’est vaincre !

Ce n’est pas un slogan révolutionnaire qui trouve sa finalité dans un fait ponctuel. Le grand soir est une éternité, un infini qu’il faut sans cesse alimenter d’actions, de réflexions, de pratiques et d’arguments qui puissent répondre à des questionnements salutaires.

Prêcher pour une avant-garde de convaincus minoritaires et illuminés n’est pas l’objectif de l’Écriteur. Vendre son âme pour se faire comprendre par des indifférents majoritaires, qui soudainement auraient compris le sens profond du message, non plus. Justifier sa présence dans certains circuits officiels en argumentant un accès à des réseaux qui permettent une plus grande écoute de la part du peuple qui n’attendrait que ça, c’est se foutre de la gueule des gens qui sont réellement sur le terrain. Le bon texte ne suffit plus, la forme et les conditions de transmission de ce « texte » sont des facteurs importants. D’où le souci maladif de la cohérence à chaque instant de la vie, qui accompagne L’Écriteur. Il pense sincèrement que, pour que le message passe et touche le peuple, il faut montrer l’exemple en faisant preuve de la plus grande humilité possible. Si le but c’est de soutenir des hypocrites et des menteurs, la majorité des gens préférera donner de l’énergie pour soutenir des idées qui leur permettront, même de façon illusoire, une petite possibilité d’enrichissement personnel. Les révolutionnaires de salon, anticapitalistes, qui mènent une vie de petits bourgeois confortables et qui poussent les gens à militer en leur demandant d’énormes sacrifices, sont pires que les capitalistes assumés, car non seulement ils reproduisent les mêmes schémas de domination, mais en plus ils appuient sur les cordes sensibles que sont les sentiments humains.

L’Écriteur peut parfois paraître arrogant en utilisant l’arme infaillible du cynisme quand il doit se défendre malgré lui. Mais toujours contre ses ennemis. Il a l’esprit de camaraderie, pas au sens sectaire du terme qui rend exclusive son application au quotidien (entre les gens d’un même parti par exemple) mais au sens fraternel qui veut que sa famille ce soit l’humanité tout entière, avec un énorme H, comme dans Humilité. Il essaye d’en faire preuve à chaque instant de sa vie et plus particulièrement quand il écrit pour dénoncer des choses qu’il n’a pas vécues personnellement.

Quand l’Écriteur parle de la merde c’est parce qu’il l’a goûtée ou au moins qu’il a fait l’effort de la renifler un peu. Il méprise les écrits théoriques qui ne sont pas tirés de la pratique, de l’expérience personnelle ou de l’enquête rigoureuse. Ces espèces d’écrits à distance très bien réalisés mais qui ne peuvent masquer une absence de vécu et un fantasme mal placé sur une réalité méconnue.

L’Écriteur ne se contente pas, quand cela s’y prête, d’être le relais de la parole des autres. Il fait l’effort de partager beaucoup plus qu’un simple échange ou témoignage. Il s’efforce d’accompagner et de transmettre avec du recul, les différents témoignages qu’il recueille. Il s’efface pour laisser place libre au message dont il n’est qu’un relayeur sensible.

L’humilité et la sensibilité transparaissent dans chacun de ses écrits, aussi divers soient-ils. Il considère que ce sont des formes d’expression que peuvent emprunter la culture populaire ou la contre-culture, mais uniquement quand celles-ci s’opposent à un modèle dominant spécifique ou au système capitaliste dans sa globalité.

L’Écriteur est une « racaille » de la littérature, un « fonsdé » qui fout la merde dans la tranquillité passive des milieux littéraires (écrivains et éditeurs) qui collaborent avec le système (la majorité…).

Il est ce mec de cité qui boit de la 8.6 au milieu de tous ces connards bourrés au champagne.

Les salons et les soirées branchées d’écrivains et d’artistes en général ne l’intéressent pas, les plateaux télé non plus, le mieux qu’il puisse faire pour honorer ces cons de sa présence serait de refiler le plan à des potes qui débarqueraient là-bas pour foutre le bordel et boire toutes les bouteilles d’alcools. Il revendique pour lui, les adjectifs les plus choquants qui soient pour la bourgeoisie. Il en est fier, pour lui c’est un compliment et une profession du foi.

L’Écriteur est un résistant !


Skalpel ” Un rappeur qui écrit”



*Écriteur : Personne qui compose et écrit des œuvres littéraires sans en tirer un quelconque profit moral ou matériel. Qui a le souci de la cohérence entre l’idée défendue dans l’œuvre écrite et l’attitude qui l’accompagne dans son quotidien. (Dictionnaire de la rue et de la lutte…)



Akye
Mardi 21 Juin 2011





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