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Interview de Drowning Dog & Dj Malatesta



Interview de Drowning Dog & Dj Malatesta

Judith : Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de vos premiers pas dans la scène rap et hip-hop?

Drowning Dog : On s'est rencontrés à San Francisco, avec le DJ...

DJ Malatesta : J'ai été DJ quelque temps, faisant des instrus de hip-hop etc. , et puis à cause de mon intérêt pour l'idée anarchiste, j'ai trouvé que c'était une bonne idée de lancer un label pour commencer à faire passer de la propagande audio, du hip-hop, des vidéos de musique éléctro...

J : Ça c'était quand?

DJ M. : En 2000...

J: Tu as commencé à faire du son en 2000?

DJ M. : J'ai commencé mes premiers essais en tant que DJ à Londres en 1997, et puis à San Francisco pendant 3-4 ans et après j'ai commencé avec le label, la diffusion de propagande anarchiste, en étant engagé de façon générale en tant qu'anarchiste à San Francisco.

J : Tu es de San Francisco à la base?

DJ M. : Non, je suis né à Glasgow, en Ecosse, et il y a de ça pas mal d'années je suis allé à San Francisco pour trois semaines de vacances et j'y suis resté 17 ans...Donc voilà, au départ comme DJ et puis après avec le label, Drowning Dog a produit les albums de femmes anarchistes, internationaux, spoken-words, musique éléctro, hip-hop...
On a fait beaucoup d'enregistrements, 24 cds jusqu'ici, des documentaires aussi...

D.D. : Tu sais, on était beaucoup à vivre dans le même quartier alors on se voyait souvent et de là surgissaient les discussions politiques, les projets...

J : Comment s’appelle le label?

D.D. : “Entartete Kunst”.

J : Ça veut dire quoi?

DJ M. : Cela veut dire “art dégénéré” en allemand.

J : Pourquoi avoir choisi ce nom, ça vient d'où?

DJ M. : Parce que les nazis en 1937 avaient fait une exposition nommée “Entartete Kunst”, ils sont allés dans les ateliers des artistes allemands et français entre autres, pour voler leurs œuvres et les exposer dans cette expo “Entartete Kunst” pour dire “regardez ces gens, ils sont malades dans leur tête, ils sont dégénérés”.
Et nous avons commencé à lancer notre label juste au moment du 11 septembre 2001 au moment où toute la stratégie de pression sur les populations était très lourde aux USA, on s'est senti “dégénérés” sur le coup.
Donc cela a pris sens pour nous à ce moment-là.

D.D. : Oui, on a lu à ce sujet (l'exposition “Entartete Kunst”) à ce moment et on s'est dit que si nous vivions à cette époque-là, nous serions aussi dits “dégénérés”, sans problème...

J : Ok, et toi Drowning Dog, tes débuts dans la musique?

D.D. : J'ai rencontré Malatesta, et puis comme je t'ai raconté, on était beaucoup dans le même quartier à travailler ensemble sur des projets, et cela m'a permis d'être en confiance et de commencer à faire des choses en-dehors en traînant avec ces amis-là.
Et puis aussi à ce moment-là j'étais bénévole dans une édition anarchiste de livres et puis je me suis dis “pourquoi ces idées ne pourraient-elles pas être accompagnées d'un bon beat?” et j'avais déjà entendu ça pas mal de fois.Et puis j'aime le hip-hop, j'aime les gros beats, et je pense que ça doit être accompagné d'idées anarchistes.

J : Comment vous avez commencé à faire du son ensemble toi et DJ Malatesta?

D.D. : On s'est rencontrés par des amis communs...

DJ.M. : Oui et il y a aussi une raison, avant Drowning Dog faisait ses propres productions et ses propres textes, et puis c'était en 2004-2005 je crois, on a donné un concert de soutien aux Zapatistes à San Diego, c'était notre première scène ensemble...

D.D. : Oui avant chacun faisait sa musique de son côté et puis on travaillait ensemble sur le label, et c'est venu très naturellement, on a joué ensemble ce soir-là et ça sonnait bien et on a décidé de commencer a faire du son tous les deux.

J : Donc les débuts de votre travail commun en 2005, et votre premier album ensemble?

DJ M. : Seulement tous les deux, c'était en 2008 avec “Got no time”, après on a fait beaucoup de mixtapes et puis sur notre label Entartete Kunst on a produit quelque chose comme 33 albums....

J : Ok, et maintenant de San Francisco vous avez décidé d'aller vivre à Milan, pourquoi?

D.D. : L'idée est venue en faisant la dernière tournée en Europe en 2009, on a fait comme 40 dates...

DJ M. : ...avec le Collectif Mary Read qui nous a accompagnés et aidés à organiser ça depuis San Francisco aussi.

D.D. : Et puis on a décidé de rester sur Milan où l'on a commencé un projet commun avec l'équipe de “Microplatform” de Milan.

*MicroPlatform naît de l'union entre Micro-solco (Italie) et La Plataforma (Argentina) pour créer un projet multimedia antifasciste qui serait une réponse de plus à la répression du pouvoir établi.
Avec le temps cet espace antagoniste sert à la rencontre de musiciens, Djs, créateurs graphistes ou multimédias.

DJ M. : C'est ça, et la Microplatform a organisé pour nous nos premiers concerts en Italie et puis on a eu l'opportunité de pouvoir occuper un logement à Milan alors on est restés, cela nous a permis de faire de la musique sans payer un loyer

D.D. : C'est donc pour cette raison, ainsi que le travail avec Microplatform et les gens rencontrés pendant notre tournée, proches de l'idée anarchiste, qui nous a décidé à vivre à Milan. Ce qui nous a donné l'opportunité de pouvoir faire beaucoup de projets avec plus de temps, ce que peu de gens ont la possibilité de faire quand il faut payer un loyer tous les mois....

J : Est-ce que vous définissez ce que vous faites comme faisant partie d'une scène rap et hip-hop anarchiste?

D.D. : Oui, c'est ça.

J : Et est-ce que cette scène existe aux States?

D.D. : Euh non, c'est en général du “conscious hip-hop”...

DJ M. : Oui, en général c'est du “hip-hop capitaliste conscient”. Par là je veux dire que même les groupes de hip-hop les plus radicaux ont peut les définir comme des groupes capitalistes conscientisés, dans le sens où il y a un discours à propos du féminisme, des questions environnementales, du racisme mais sans notion de classe ou de capital, rien de tout ça tu vois...

D.D. : Oui, c'est comme si tu pouvais modifier le capitalisme pour le rendre meilleur....

DJ M. : Oui y'a pleins de gens comme ça, le capitalisme c'est cool si y'a pas de guerre, t'as un vélo recyclé...t'es cool...Il y a ça ,malheureusement, d'une part et d'autre part il y a des formes de nationalismes qui se disent radicaux (dans le hip-hop et le rap).

J : Est-ce qu'on peut alors parler de l'émergence d'une nouvelle scène rap et hip-hop comme faisant partie du milieu anarchiste, libertaire, de façon engagée et cohérente dans la pratique d'un certain militantisme?
Parce que jusqu'alors, en tous les cas en Europe, et je pense que c'est aussi le cas aux USA, la plupart des groupes que l'on voit dans ce milieu-là sur scène c'est surtout du punk-rock, pas vraiment du rap et du hip-hop...


DJ M. : Absolument oui, je pense qu'il s'agit en effet d'une nouvelle scène...

D.D. : Oui, c'est tout à fait ça, et c'est très excitant de voir comment ça a grandi d'ailleurs...

DJ M. : Très clairement oui, je veux dire, quand tu vois ce qu'il y avait en 2005, ça s'est amplifié, il y a quelque chose qui se passe...
Spécialement en Europe, presque toutes les semaines tu entends quelqu'un de nouveau, des rappeurs dont t'avais jamais entendu parler...

D.D. : Ce qui est intéressant en Europe aussi, c'est de voir que tous les anciens milieux punks et donc leur base, leurs outils on va dire, sont maintenant plus tournés vers le hip-hop...et je voudrais dire tout le respect que j'ai pour ces gens là, ces milieux là, punks, qui ont du coup donné les bases, la fondation pour cette mentalité, l'éthique DIY* à laquelle cette nouvelle scène hip-hop et rap adhère aujourd'hui.

*L'appellation Do It Yourself, abrégé en DIY (dont une traduction littérale en français serait Faites-le vous-même) désigne à la fois certains musiciens ou mouvements culturels ou des activités visant à créer des objets de la vie courante, des objets technologiques, ou des productions artistiques.
Les groupes de musique (ou des auteurs de BD, des cinéastes, des metteurs en scène de théâtre, etc.) DIY tentent de faire tout eux-mêmes, depuis la production de l'album jusqu'aux concerts, en passant par les actions de communication. Si ces choix sont souvent imposés par un manque de budget, ils sont pour les artistes DIY une véritable volonté de marquer leur indépendance face aux majors et à l'industrie du disque en général.

J : Quelle a été votre participation au projet de la compilation “Resisto 2”, son contexte politique aussi?

DJ M. : Avec toutes ces dates pendant la tournée européenne, on a construit beaucoup de relations et pleins de connexions avec ces groupes, (anarchistes et libertaires) et arrivés à Milan, on a entendu l'histoire tragique de la mort de Cesare Dax, un militant anti-fasciste assassiné par des fascistes le 16 mars 2003. Nous avons été mis au courant par des gens à Milan qui étaient proches de lui, et on arrivait au 7ème anniversaire de sa mort. Est donc venue l'idée de faire un cd de soutien avec Microplatform, on a contacté d'autres groupes pour faire la production de la compile.

D.D. : Beaucoup on répondu positivement et voulaient s'impliquer dans ce projet, à travers les rencontres que l'on a faites pendant nos voyages, très peu avaient entendu parler de Davide Cesare Dax et il y a eu la volonté de savoir dans quels conflits et luttes étaient les uns et les autres.

J : La production de cette compile serait alors à l'image des connexions et contacts que vous avez construits pendant votre tournée européenne en 2009?

DJ M. : Oui, exactement, je pense qu'elle reflète bien ce réseau là.

J : Vous êtes venus sur Paris pour deux concerts, l'un au Bourdon, un squat, et l'autre aux locaux de la CNT pour la sortie du nouvel album de Skalpel, comment ça c'est fait?

DJ M. : On a été invité par Bboykonsian et on a fait ces deux supers concerts qui ont été de très bonnes expériences. On a aussi enregistré dans un studio avec Acero Moretti, C.U.B.A. Cabbal, Drowning Dog, E.One et Skalpel, avec qui on a fait les concerts ce week-end là, on a tourné un clip aussi sur les toits du squat du Château d'Albat'Art...

J : Ca va donner quelque chose ces enregistrements en commun?

DJ M. : Oui, j'espère bien, c'est bien parti en tout cas...

J : Et comment vous avez connu Bboykonsian?

DJ M. : Au CICP ( Centre International de Culture Populaire, à Paris) en 2006, à l'occasion d'un concert de soutien à un collectif de sans-papiers, on était en tournée et on a pas trop communiqué, mais après on s'est revu au Pollina Fest en Sicile, un festival où la K-Bine avait joué et de là on est resté en contact, on s'est revus au Underground Festival à Saint-Etienne après, et là, à l'occasion de la sortie de l'album de Skalpel on est venu à Paris...

D.D. : On s'est entendu aussi sur la base d'une même volonté de construire une scène alternative, on a la même éthique DIY et c'est important pour nous de se soutenir les uns les autres, c'est très agréable de travailler sur des projets avec Skalpel, E.One, Akye...

DJ M. : C'était important aussi de faire ce concert aux Vignoles, à la CNT, on se reconnait dans ce milieu politique et c'est cohérent pour nous.

J : Là vous allez sortir un nouvel album?

DJ M. : Oui, “Senza Padroni” , on l'a enregistré ces derniers deux mois à Milan, certains morceaux sont nouveaux, ne sont pas sur “Got no time”.

D.D. : On a décidé d'enregistrer cet album depuis qu'on est arrivés à Milan, dans notre studio-maison...

J : Il y a des invités sur cet album?

DJ M. : Oui, Acero Moretti a posé, on a un beat de La Plataforma, de Trauma d'Acrobat Productions.

J : Et on peut voir depuis peu un nouveau clip d'un morceau à vous, “Antagonista a vita”, ce titre fait partie du nouvel album?

DJ M. : Oui, c'est un titre du nouvel album, avec Acero Moretti, le clip a été tourné avec Leleprox et des gens de Milan qui ont organisé le tournage, il y a avait aussi une équipe de Rome, et Damage Control qui font des vidéos engagées, ils ont fait des vidéos pour C.U.B.A. Cabbal aussi...on a tourné ça un jour très pluvieux!

J : Le nouvel album, “Senza Padroni", il sortira quand?

DJ M. : Ça sera pour le 13 avril...et j'espère bien qu'on le trouvera sur le site de Bboykonsian!


Interview réalisée par Judith pour BBoyKonsian les 12 et 13 mars 2011.


Akye
Vendredi 1 Avril 2011





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