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Interview de Ritzo




Interview de Ritzo

« Ma paie dans le Hip-Hop c’est le respect de mes pairs, c’est-à-dire des gens que je respecte... »
Interview de Ritzo
(Avril 2014)



À l’occasion du concert de Première Ligne à Besançon le 04 avril 2014, BBoyKonsian a rencontré le rappeur Ritzo quelques semaines avant la sortie de son premier album Point zéro






Salut Ritzo, tu pourrais te présenter ?

Salut moi c’est Ritzo, du collectif Pur East, ça doit faire 15 ans que je rappe. C’est mon grand frère qui rappait, improvisait et qui m’a fait découvrir le Hip-Hop, d’abord avec Boot Camp et tout l’univers new-yorkais. Au début j’écrivais pas de textes, je tapais que des impros et petit à petit j’ai commencé à former des mots, à poser des idées sur feuilles et puis voilà, c’est ce qui a donné Ritzo.

Tes premiers projets sont Acharné et Servis frais, en téléchargement gratuit ?

Ouais mon premier projet gratuit c’est Acharné Vol.1 où j’avais réuni une vingtaine de titres, la plupart c’était sur des faces b ; j’avais invité les potos de 25 Bunker, Frères d’Armes, Jah Soldier qui font du Reggae. ça représentait à peu près tout l’univers musical bisontin. Par la suite j’avais sorti un Acharné Vol.2 et une réédition des deux, Acharné 2.0, qui regroupait une trentaine de titres. Ensuite y’a eu le EP Servis frais. Le concept c’était un EP 8 titres mais en réalité il y avait 10 titres, dont 2 freestyles vidéos. C’est un projet qui a super bien tourné, j’étais vraiment content, étonné même.

On retrouvait le morceau que t’as clippé par la suite, « Ma thérapie c’est le mic », qui a dû aider…

Ouais je pense que c’est un des morceaux qui a créé un déclic chez les gens, qui m’a permis quand même de m’infiltrer dans les bonnes écoutes on va dire. Servis frais annonçait déjà une philosophie assez sombre, toujours un peu en relation avec le froid et je suis content que le EP ait super bien tourné ; j’ai eu de très bons retours aussi. Ça a permis à pas mal d’artistes que j’apprécie et qui sont vraiment actifs au sein du Hip-Hop de se dire « tiens y’a un mec qui s’appelle Ritzo ».

Ça t’a permis de te faire un petit nom dans l’underground, de faire des connexions…

Voilà et comme j’dis souvent, ma paie dans le Hip-Hop c’est le respect de mes pairs, c’est-à-dire des gens que je respecte, que j’aimais vraiment quand j’étais petit comme Ill des X-Men ou des gens comme vous Première Ligne que je respecte beaucoup ; j’aime beaucoup la direction que vous donnez à votre travail. Ça c’est ma paie, c’est mon chèque de fin de mois quand les gens me disent « gros tu fais du bon boulot, tu travailles bien », voilà c’est un peu ma paie.

Tu pourrais nous parler de ton collectif Pur East ?

À la base, Pur East c’est une association et maintenant c’est devenu un collectif avec des graffeurs, des vidéastes, des Dj’s, des MC’s… Y’a Dj Masta, c’est notre Dj principal qui mixe avec nous, Dj Fat G, Dj Bounce qui anime une émission sur Radio Campus à Besançon ; y’a Mesh pour les photos et le graff aussi, Polo qui s’occupe un peu de tout, Djamal aussi. En MC’s, y’a les petits de La Milis, S2E et moi-même Ritzo.

Ton album Point zéro est prévu pour bientôt avec des premiers extraits qui tournent déjà, pas de date précise pour l’instant ?

L’album arrive incessamment sous peu, je vais pas encore me permettre de donner de date mais ça arrive.

Interview de Ritzo
Avant l’été ?

Oui avant l’été, avant les départs en vacances au soleil les gens auront froid… (rires) Là j’suis vraiment à la fin de mon album, faut pas s’attendre à l’album qui va faire danser les gens, il m’est arrivé pas mal de galères ces dernières années, je m’en plains pas y’a pire ailleurs mais voilà, tout ça pour dire que Point zéro c’est le reflet de plusieurs années de galères. C’est un album assez personnel.

Sombre ?

Oui plutôt sombre, comme les premiers extraits que les auditeurs ont pu entendre, comme le morceau « Frost » par exemple, sur une prod de mon frère Cristo de Kids of Crackling. Y’a eu aussi « Pronostic vital », le deuxième extrait, sur une prod de mon frère S2E. Après y’a eu « Être humain » sur une prod de mon frère Char du Gouffre. Donc voilà, ça reste assez ancré sur moi-même avec une façon de voir les choses, une façon de traiter la rime.

Ouais y’a un gros travail d’écriture, tu portes une importance particulière aux textes, aux rimes. Tu fais partie de cette école-là.

Ouais disons que c’est important, je faisais partie d’une école où l’écriture primait sur le reste, dire des vraies choses. Il faut aussi se souvenir qu’aujourd’hui on a des familles, on a des neveux et des nièces qui nous écoutent. On a le droit d’être fâchés, y’a pas de problèmes, mais comme je dis tout le temps y’a plus de 10000 façons d’écrire un mécontentement donc c’est vrai que je mets vraiment beaucoup de taf dans les mots, dans la rime. Je taf beaucoup en images donc ouais je trouve que c’est vraiment important, même si une seule personne nous écoute on se doit d’avoir un message dans une direction bien précise et pas forcément de se perdre comme le Rap tend un peu à faire aujourd’hui.

Ce côté sombre, ton concept avec le froid, c’est quelque chose qui s’est construit avec le temps ou t’as toujours été dans cet univers ?

Depuis tout petit mon univers est assez sombre, j’ai jamais fait de morceaux light !!! (rires) Parce qu’en fait pour moi l’écriture c’est un exutoire, c’est quelque chose qui me permet de me soulager par rapport à un certain vécu. Comme je dis dans le morceau « Ma thérapie c’est le mic », l’écriture c’est vraiment une thérapie, c’est quelque chose qui me fait du bien, qui me permet d’exprimer des choses que je vais pas dire forcément en société, j’suis pas quelqu’un qui s’exprime beaucoup en société. Le froid c’est pareil, ça me correspond. Depuis tout petit c’est vrai je suis dans cet univers-là, je préfère écrire en fait pour les gens qui disent pas les choses, pas que pour eux bien sûr mais j’ai souvent des témoignages de personnes qui viennent me dire en direct ou sur les réseaux sociaux « ouais gros ça fait plaisir, sur cette rime je me suis totalement reconnu… » et qu’aujourd’hui on me qualifie d’MC conscient ça me va super bien.

T’acceptes ce qualificatif-là en tout cas.

Oui j’suis content, j’suis content d’avoir ce « statut » d’MC conscient parce que c’est la direction que je voulais prendre.

Pour revenir sur ton album, y’a des invités ? Et tu peux nous parler des beatmakers ?

Bien sûr, sur l’album au niveau de la production on retrouvera pas mal de frères de Kids of Crackling dont Mani Deïz et Cristo. Y’a aussi une magnifique prod de Twister, on retrouve aussi Char du Gouffre, mon frère S2E de Pur East qui a fait pas mal de prods et des gars moins connus dont mon pote Joël de Suisse qui a signé la prod de « En cours de rémission ». En invités, y’a un morceau avec les frères de Killabizz : Dino, Mayday et Malik. J’ai aussi invité un frèro du sud, Fadah d’Omerta Muzik, et y’a également Jeff le Nerf et les frères de l’Uzine.

Y’a une sortie physique de prévue pour l’album ? Une version digitale ?

Y’aura une sortie digitale c’est sûr, mais avant je vais faire primer la sortie physique, l’album est fait totalement en indé.

Pas de distrib’ ?

Non.

C’est un choix ?

Ouais c’est un choix, parce que je préfère faire les choses bien comme il faut. Le truc a été fait en indé, on l’a fait tout seul, ça sort des tripes, ça vient du bide donc j’pense qu’il faut vendre et relayer la chose de la même façon.

De nouveaux clips prévus pour bientôt ?

Ouais, y’aura le clip « Sincèrement », c’est l’intro de l’album qui est en cours de tournage et qui sera prêt en gros une semaine avant la sortie de l’album. Y’aura je pense « Mr untel » qui sera plus réalisé comme un court-métrage, donc tu me verras jamais rapper c’est vraiment l’évolution d’une personne. Y’aura pas beaucoup de clips mais le peu de clips qu’il y aura ce sera avec des scénarios et tout ce qu’il faut.

T’es depuis pas mal de temps sur Besançon et on y est ce soir, tu peux nous parler de la scène Rap ici ? Y’a des connexions entre les différents groupes, collectifs ?

Sur Besançon on va dire y’a quand même une grande famille musicale, y’a pas mal de personnes qui essaient de faire avancer les choses. Y’a pleins de collectifs Hip Hop, Reggae, des Dj’s. On a organisé des gros concerts où on a essayé de réunir à chaque fois toutes les équipes, des concerts qui se sont super bien passé parce que bon y’a pas vraiment de tensions on va dire entre les équipes ici. Quand on peut faire les choses on les fait. Besançon ça va, y’a quand même une ouverture au niveau musical, tu peux avoir un mec qui est pas forcément dans le Hip-Hop qui fait une prod Hip-Hop et qui te connecte avec un mec du Reggae. Y’a des liens qui se font, comme j’dis on tend à faire le p’tit « London », tu vois on essaie de mélanger les genres et de voir ce que ça peut donner. Y’a vraiment beaucoup d’artistes.

Sinon t’as pas mal de dates de concerts qui arrivent, j’ai vu quelques infos tourner.

Ouais je serais le 16 mai à Nantes, le 23 mai à Toulouse à la Dynamo invité par les frères de Bim Bam, au passage je place un petit big up au frèro 10Vers. Après le 14 juin on est à Bordeaux avec Mani et Paco, le 13 septembre on sera ici chez nous à Besançon à la Rodia on va organiser un bon plateau avec pas mal de gens pour une fois qu’on a pu avoir de bons locaux. En octobre je serais à Limoges invité par les frèros de Sang Mêlé donc voilà.

Interview de Ritzo
On peut te retrouver sur le net pour toutes les infos, l’actualité ?

Ouais sur Facebook, j’ai plusieurs comptes perso, mais vraiment pour l’actualité c’est sur les pages « Pur East » et « Ritzo Pur East ».

Merci Ritzo.

Merci à toi, ça fait vraiment plaisir.



Interview réalisée par Akye pour BBoyKonsian le 04 avril 2014.

Vous pouvez télécharger la brochure de l'interview mise en page par le Collectif Angles Morts:
Jeudi 8 Mai 2014





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