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Forum BBoyKonsian

Luttes dans les centres de rétention (infos,articles,témoignages...)

 93 - Autonome
Mercredi 18 Juin 2008

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Dernières nouvelles du centre de rétention de Vincennes, le lundi 16 juin 2008


CRA 2:
« Quand je suis arrivé il y a une semaine et demi, on a essayé de faire une grève pour essayer de faire connaître les conditions de vie ici. Quand on veut faire un mouvement on arrive pas à faire bloc, les différences de nationalité posent problème, par exemple les russes et puis quelques arabes disent qu’ils suivent pas. C’est même pas par
rapport à la communication, on essaye de prendre un représentant de chaque pays pour faire savoir ce qu’on veut faire.Ils m’ont arrêté à la gare du Nord, c’était un contrôle d’identité, les policiers étaient 4, ils arrêtaient que les gens de couleurs, arabes,
noirs.

Ils étaient en civil. Je les ai remarqués, ils étaient avec une fourgonnette marquée « police », les gens autour se rendaient pas compte, donc ils réagissaient pas. J’ai passé une journée à Cité en garde à vue. J’ai demandé à voir un médecin, la policière m’a
répondu « vous n’avez pas besoin de médecin, vous êtes sportif ». C’était la
première fois que j’étais arrêté donc je savais pas que c’était illégal, c’est après le procès verbal que j’ai eu un avocat et je me suis rendu compte. Ici c’est invivable, on voit de tout, il y a des mecs qui ont rien à faire là. Par exemple il y a un mec qui a été opéré du cerveau, il avait des cicatrices, il a été arrêté en pleine convalescence deux jours après
être sorti de l’hôpital où il était resté un mois et demi, il doit se faire encore opérer le 20 juin. Sa tête continue à enfler ici.

Ça fait cinq jours qu’il est dans le CRA. Il y a pleins de cas comme ça, il y a un gars qui a mal aux dents, son visage est enflé, il dort pas la nuit, il a vu un dentiste il y a une semaine, qui lui a dit que pour le moment il pouvait pas lui arracher ses dents et après il est revenu au centre, ils lui donnent des calmants mais c’est vraiment le minimum parce que depuis ça désenfle pas.

On a pas le droit de faire entrer de la bouffe, comme quoi ça pourrait nous empoisonner alors qu’ils nous donnent des rasoirs bic, c’est quand même beaucoup plus dangereux! Ils nous foutent des distributeurs: c’est un gros marché, un buisness. Il n’y a à vendre que des choses pour le goûter, chocolat, coca, c’est que de la confiserie. Même en prison les mecs ont le droit qu’on leur ramène des paquets de clopes. Ils vendent
ici les clopes et la nourriture au même prix qu’à l’extérieur.Je pense que GEPSA , qui s’occupe ici de la bouffe de la cantine, s’occupe aussi de ces machines.

L’OMI [Office des Migrations Internationales] dit qu’on peut leur faire acheter des choses, du tabac cartes téléphoniques, ça marche mais on peut pas commander de la nourriture.
C’est l’enfer la nuit il y a plein de moustiques, les murs sont couverts de sang des moustiques écrasés. Il y a des tentatives de suicide tous les jours, peut être trois par
jour. Un mec qui devait prendre son vol a avalé une lame, il s’est coupé sur le ventre. C’est d’abord les policiers qui sont venu le voir, je les ai vu lui mettre des baffes [la communication a coupé] »

CRA1
« Il y a des tentatives de suicide très souvent, presque tous les jours. Quand quelqu’un s’évanouit, ils viennent le prendre et l’emmènent à l’hôpital, et puis très souvent on entend que la personne a été expulsée, elle s’en va sans s’en rendre compte. Vendredi dernier c’est arrivé à un jeune malien, le lendemain un frère nous a appelé et nous a dit qu’il était dans son pays d’origine, il est arrivé là bas sans chaussures. Quand quelqu’un fait une tentative de suicide, les policiers le mettent dans un drap ou sur un brancard, ils minimisent l’acte, ils disent qu’il a bus seulement du shampoing, « c’est rien ».

Tout le monde est pas pareil dans le centre, on arrive pas à faire un mouvement parce que bon nombre de gens sont pas motivés, ils ont peur des représailles, moi je leur dit qu’on peut pas sanctionner un groupe si ya pas de chef. Il y en a qui peuvent pas bien parler le français et pour faire une grève et écrire des revendications c’est difficile. On
est obligé de fermer les yeux et la bouche, je trouve ça aberrant. On discute tout le temps entre noirs africains, on sait que derrière il y a des gens qui nous soutiennent et on en est très content mais il faut aussi se battre soi même. On voudrait que nos pays d’origine savent nos conditions de détention, et pas rétention (parce qu’avec ce mot ils
masquent nos conditions de prisonniers), et se mobilisent devant les ambassades françaises.

La manifestation de samedi a été très bien, on a entendu leurs voix. Les retenus ont crié et secoué la grille qui se trouve près de l’accueil et d’où on entend à l’extérieur. Un responsable a essayé de nous faire taire, il en a attrapé deux, les meneurs, mais ils se sont dégagés. Les mobilisations à l’extérieur sont nécessaires, ça nous incite
beaucoup à faire des actions, à dénoncer les choses. Et vouloir la fermeture.
J’ai entendu pendant une visite les policiers parler entre eux de 17 travestis arrivés au CRA 2. Ici c’est l’angoisse totale, quand on a son voisin de chambre qui se fait réveiller à 4h du matin emmené sans chaussures, attaché, bâillonné.

On nous envoie à la justice comme si on était de très grands criminels, menottés, dans un fourgon avec des cages à l’intérieur, on nous enferme dedans. Je suis rentré 3 fois dans ce fourgon pour aller au tribunal, à chaque fois que j’y rentre je dis au policier « Nous sommes traités comme du bétail », le policier rigole. En cas d’accident, on peut pas
être sauvé.

Le combat doit continuer! »

fermeturetention@yahoo.fr

source ccc forum

 Camarade
Vendredi 27 Juin 2008

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Communiqué de la section CNT - Cimade à propos de l'incendie du CRA de Vincennes :

Le CRA de Vincennes est mort et on ne le pleure pas !

Une prison pour sans-papiers de 280 places c'est une poudrière qui bafoue les droits des personnes, qui les pousse à la violence, qui les soumet à l'arbitraire des policiers.

Nous, CNTistes de la Cimade, voulons dépasser le climat d'émotion autour de cette péripétie pour rappeler notre position: fermeture de tous les lieux de rétention, les CRA et les LRA.

Oui nous travaillons à l'intérieur de ces camps que nous souhaitons fermer et nous continuerons à y aider, sans exclusive et sans jugement, nos camarades sans-papiers. Nous continuerons tant que ce système existera car c'est sur le terrain que se pratique la vraie solidarité !

Les socialistes veulent faire dans les CRA ce qu'ils ont fait dans les cités: repasser un coup de peinture en tentant de faire oublier que la rétention administrative est leur enfant !

Sans doute veulent-ils en profiter pour faire oublier leurs votes pour la directive de la honte ou leurs abstentions encore plus lâches.

A l'heure où le ministère de l'immigration veut supprimer petit à petit la présence d'une association indépendante dans les CRA, nous demandons à tous les soutiens des sans-papiers d'être vigilants, pour que la parole de la Cimade ne soit pas étouffée.

Pour qu’une réforme du CESEDA ne supprime pas la présence d'une association nationale et indépendante dans les CRA pour aider les personnes à l'exercice effectif de leurs droits ! Car comme toujours en France on préfère casser le thermomètre que d'expliquer pourquoi il indique de la fièvre.

Nous ne reviendrons pas sur les alertes nombreuses envoyées aux ministères, sur les conséquences d'une politique du chiffre stupide et nous apportons tout notre soutien aux camarades de RESF ou de tous les collectifs qui sont désignés comme bouc émissaire par un gouvernement emmuré dans ses certitudes.

Liberté de circulation et d'installation pour tous !

Suppression des lieux de rétention !

Le 25.06.08
La section syndicale CNT - Cimade
cnt-cimade@cnt-f.org
http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/comcimadecra.html

Fédération CNT santé social & collectivités territoriales
33 rue des Vignoles
75020 Paris
Tel: 06 28 33 42 43
Courriel: fede.sante-social@cnt-f.org
 clandestino
Lundi 30 Juin 2008

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24 activistes de la mouvance dite 'anarcho-autonome' ont fait une petite opération gentillette derriere le CRA de Rennes pour relayer le message de révolte des mutins de Vincennes... 24 heures de GAV pour des fumigènes... la criminalisation des luttes de soutiens aux sans-papiers s'aggrave dangereusement !

Personne ne sait quelles seront les suites juridiques.

INDYMEDIA NANTES

arrestation de 24 personnes devant le centre de rétention de Rennes


Jeudi après midi, 24 personnes qui tentaient de s'approcher du centre de rétention de Rennes afin de communiquer leur solidarité avec les détenus, ont été tous interpellés et retenus en garde à vue à l'hotel de police de Rennes.


Jeudi après midi, 24 personnes qui tentaient de s'approcher du centre de rétention de Rennes afin de communiquer leur solidarité avec les détenus, ont été tous interpellés et retenus en garde à vue à l'hotel de police de Rennes.


Leur seul tort semble être de s'être manifester trop bruyamment contre le sort réservé à ces centaines de sans papier qui croupissent dans ces centres, sans aucune garantie sur leur sort ni sur leur durée de détention. Cette action aura eu le mérite de relayer la mutinerie de Vincennes et de démontrer aux détenus sans papiers que leur révolte est non seulement légitime mais également entendue à l'extérieur des grilles des CRA.


Un rassemblement de soutien pour réclamer la libération des personnes ayant participé à cette action s'est tenu jeudi soir vers 23h30 devant l'hotel de police de rennes.

OUESTFRANCE

http://www.ouest-france.fr/24-personnes-interpellees-devant-le-centre-de-retention-de-Saint-Jacques/re/ofdernmin/_-654683--BKN----_actu.html


17 :08 - vendredi 27 juin 2008


'24 personnes ont été interpellées hier soir au centre de rétention administratif de Saint-Jacques de la Lande, près de Rennes. Ce groupe de personnes manifestait devant le centre quand des fumigènes ont été lancés. Ils sont actuellement encore en garde à vue. '

RENNES INFO


22 interpellations devant le Cra pour avoir utilisé des fumigènes

vendredi 27 juin 2008 - 17 :19


Le Parquet communiquait en fin d'après-midi sur les 22 interppelations 'd'autonomes' devant le Centre de rétention hier en fin d'après-midi. 'L'enquête suit son cours', lâche-t-on au parquet. 'Il n'y a pas eu de problème particulier lors de l'interpellation, ni même lors de la garde-à-vue. Bon nombre d'entre eux, ont finalement donné leur identité'. Ces personnes ont été interpellées pour 'port et utilisation d'artifices non détonnant'.

ALERTE RUSF


24 personnes ont été interpellées hier lors d'une manifestation autonome (hors orga) devant le CRA de Rennes. Des fumigènes auraient été allumées et les flics seraient vite intervenus pour embarquer tout le monde. Ces personnes sont toujours en garde à vue à l'hôtel de police. Un groupe de soutien se réuni aujourd'hui vendredi 27 à 14 heures pour lancer un nouvel appel à soutien pour 17 heures devant l'hôtel de police. Les manifestants interpellés refuse de fournir leur nom et ADN. Si vous êtes dans le coin venez soutenir ces personnes qui subissent l'implacable répression de cet état policier.


les 22 ont été libérés

RENNES INFHONET


22 autonomes' interpellés hier devant le Cra, une manif' de soutien prévue cet après-midi devant l'hôtel de police


vendredi 27 juin 2008 - 13 :52

Hier, un rassemblement de personnes autonomes n'appartenant pas au collectif de soutien aux sans-papiers ou à des syndicats, associations, collectif... a eu lieu hier devant le centre de rétention vers 17h30. '22 personnes ont été interpellées', expliquent différents syndicats. Ces autonomes seraient toujours en garde à vue. Un rassemblement est prévu devant l'hôtel de police à 14h pour leur venir en soutien.

Sur place, une vingtaine de personnes se sont rassemblées. L'un d'eux explique : 'On n'en sait pas beaucoup plus. 22 personnes plus deux faisaient le guet, ils sont tous non étiquetées et n'appartiennent à aucun mouvement. Ils ont décidé de mener une opération devant le centre de rétention de St-Jacques pour dénoncer la politique xénophobe du gouvernement. Ils sont restés à peine 15 minutes devant le Cra. Le temps d'allumer deux fumigènes en signe de protestation. La police est arrivée et les a interpellé. On ne sait pas comment s'est passée l'interpellation...'

La vingtaine de personnes venues se rassembler devant l'hôtel de police attend patiemment 16h45, heure où la garde à vue devrait s'arrêter. Problème, les autonomes refusent 'de donner leur nom et ADN', explique-t-on devant l'hôtel de police.

Du côté du parquet, l'instruction de l'affaire suit son cours. 'Il n'y a pas eu de problème particulier lors de l'interpellation, ni même lors de la garde-à-vue. Bon nombre d'entre eux, ont finalement donné leur identité'. Ces personnes ont été interpellées pour 'port et détention d'artifices non détonnant'.

LES 22 ONT ÉTÉ LIBÉRÉS.

par quiconque vendredi 27 juin 2008 - 19 :59

Les 22 personnes interpellées jeudi après midi ont été relachées ce vendredi après midi vers 17h45. Ils n'ont pas faits l'objet de prélévement adn. Le motif de leur interpellation est 'détention d'artifices non explosifs' (fumigènes).

Etait présents à leur sortie de l'hotel de police un certain nombre de personnes venus les soutenir. Etaient également présents des membres du collectif de soutien aux personnes sans papiers, dont l'un des leurs était également convoqué à l'hotel de police. Une plainte du ministére de l'intérieur a été déposée contre ce collectif pour outrage et diffamation contre l'autorité publique. Un rassemblement en soutien à ce collectif est prévu à Rennes samedi 28 juin place de la mairie (15h), de nombreuses personnes et organisations ont manifestées leur soutien et appellent à rejoindre ce rassemblement.

La garde a vue n'était pas drole du tout ! normal quoi... 24 heures pour rien. Pas manger pendant plus de 17 Heures, presque pas d'eau, pas le droit d'aller pisser pendant longtemps, flics vicieux... que du bonheur ! !

mais les flics ont pété les plombs, 22 anarcho autonomes dans leurs bureaux, dont la moitié refuse de se signaliser, et de donner leurs noms...ils n'avaient jamais vu ca ! ! !

Aux rennais : Venez nombreux mercredi au rassemblement devant le CRA de St Jaques à 18 Heures. Voici l'appel du collectif de soutient aux personnes sans papiers :

Rassemblement au centre de rétention

Date :

Le mercredi 02 juillet 2008, de 18h00 à 23h00. Description :

En solidarité avec les retenus de Vincennes et leurs soutiens, le collectif de soutien aux personnes sans-papiers appelle à un RASSEMBLEMENT : MERCREDI 2 JUILLET À 18h devant le Centre de rétention de Saint-Jacques de la Landes. (Bus 57 arrêt parc des expositions)


pour la fermeture de tous les centres de rétention.
pour l'abrogation de la directive de la honte.
Pour la régularisation de toutes les personnes sans-papiers.

Site Web :

http://sp35.free.fr/index1.html

Contact : contact CHEZ agenda-rennes POINT fr

source ccc.forum
 Le Feu!!!
Lundi 30 Juin 2008

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lu sur :http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=101446

CRA de Vincennes : nouveau témoignage
Dernières nouvelles des exilés du centre de rétention de Vincennes à Lille.

L'homme qui témoigne raconte en détail la mort du retenu (samedi 21),
l'incendie du centre (dimanche 22) et son transfert à Lille.

Par rapport à la mort du retenu cependant, si on veut un récit exact, il
vaut mieux s'en tenir au témoignage publié dimanche dernier, il est plus
complet et la personne qui raconte était un témoin direct des
événements. Mais aujourd'hui le témoin a tenu a revenir sur le décès
parce que visiblement il est intimement lié à l'incendie. Comme chacun
sait, suite l'incendie le centre de Vincennes a été entièrement brûlé et
est depuis fermé.

Le témoin se trouvait dans le CRA 2 au moment des événements.

« ça a commencé samedi, le jour où le monsieur est décédé. Il a demandé
à son ami russe de le réveiller pour aller à l'infirmerie.

Quand il est venu le réveiller il était gravement malade, il se
réveillait pas, il a prévenu les policiers et ils sont venus une heure
et demi après, entre temps il est mort. Il est mort dans le centre à
cause des médecins qui ne sont pas venus. Une fois qu'il était mort, ils
l'ont pris pour l'amener à l'hôpital. Ils nous ont pas laissé rentrer
dans la chambre pour voir ce qui se passait. Ils ont dit que personne ne
rentre, on leur a dit qu'on était pas d'accord, ils nous ont bousculés,
nous ont était nombreux on a fait la bousculade, ils nous ont mis du
gaz, ils nous ont frappé partout avec les matraques.

Après on est resté tranquille. Ils nous ont dit que le monsieur est mort
on leur a dit que c'était à cause d'eux. ils nous ont dit qu'il était
mort à l'hôpital, on leur a dit que non.

Dimanche vers 13h, on a fait la prière pour le mort, 10 minutes de
silence. La prière n'était pas totalement musulmane il y avait des
chrétiens aussi, on était ensemble. Après on a fait une marche dans les
couloirs en disant « on est pas d'accord, on est pas content du tout,
ils sont en train de nous maltraiter ». On était nombreux. La police
nous disait qu'on voulait casser, on leur a répondu « on casse rien, on
fait la marche pour montrer qu'on est pas d'accord, on est pas des
criminels on a juste pas de papiers »

Vers 15h, dans 2 ou 3 chambres ça a commencé à bruler, j'ai pris mes
affaires. Partout il y avait des matelas dans le couloir et dehors. On
continué à faire la manif pendant le feu et quand c'est devenu trop fort
les policiers sont venus avec le gaz, ils voulaient qu'on aille tous
dans un coin de la cour. Ils nous ont fait sortir par 3 ou 4 portes, 10
par 10.

Puis on a dit « on bouge pas de la cour, si on meurt on veut mourir
ensemble, on bouge pas ». Ils nous ont sortis avec la force, 10 par 10,
pour aller de l'autre coté dans le gymnase. Ils ont frappé avec les gaz,
les matraques, bousculade, poussé.

Ils ont réussi à nous mettre tous dans le gymnase. Il n'y avait pas de
fenêtre, il y avait du gaz dans le gymnase, les gens ont commencé à
tomber partout, ils ont appelé les pompiers.

Puis, ils nous ont emmenés dans la cour de l'école de police avec la
force. 5 par 5. Là, il y avait des gendarmes avec les CRS. Ils nous
tapaient parce que nous on disait qu'on voulait rester ensemble. Dans
cette cour il y avait tout le monde, sauf les malades qui étaient sur
des brancards avec des médecins.

Les gendarmes nous ont entourés avec des camionnettes, ils ont laissé
qu'un seul passage. A 23H ils ont dit « tout le monde venez manger », on
a dit « personne ne mange ». Ceux qui ont accepté sont partis manger 10
par 10. Les 10 premiers ne sont jamais revenus, on a dit qu'on irait que
s'ils revenaient. Finalement d'autres sont quand même allés manger mais
pas moi.

On a entendu qu'il y avait une manifestation dehors.

Ils nous ont dit que si on voulait pas manger, on pouvait aller chercher
nos affaires dans un coffre [là où les retenus déposent leurs affaires
importantes à leur entrée dans le centre]. 3 par 3. On a dit « on bouge
pas, c'est des conneries, ils vont nous emmener : il en a qui y sont
allés les deux premiers groupes ne sont pas revenus ».

Un monsieur, je crois que c'était le chef de police, a demandé si on a
un délégué. On a dit qu'on est tous ensemble que ya pas de délégués ni
de responsable.

Ils ont commencé à parler avec Koné [celui qui est parti en GAV, accusé
avec Ali d'incitation à l'émeute et d'incendie criminel, relâché
mercredi soir]. Koné a demandé à aller voir ce qui se passe, on lui a
dit de pas y aller, qu'il allait pas revenir. Ils ont dit qu'ils
voulaient parler avec lui. Il n'est pas revenu. On a dit on bouge pas
parce qu'il est pas revenu.

Le chef a dit que de toute façon on dort pas ici. On a dit qu'on veut
savoir ce qui se passe et on bouge pas. Après avoir emmené Koné, ils
nous ont fait passer 5 par 5 et 7 par 7 pour aller plus vite. Là, ils
nous ont demandé notre carte [qui était remise aux retenus à leur
arrivée au centre de Vincennes], ils ont vérifié notre nom. Sur la carte
il y a une photo, l'adresse de Vincennes, nos nom, prénom, nationalité,
jour d'entrée dans le centre. C'est une carte qu'on lit avec une
machine. J'ai donné la mienne, ils m'ont fouillé ils n'ont rien trouvé,
ils m'ont donné mes affaires, mon portable et ils nous ont ramené dans
le gymnase. On était tous là sauf Ali et Koné. Ils nous ont fait sortir
un par un, avec deux gendarmes par personne qui nous tenaient par chaque
bras jusqu'au bus.

Ils nous ont pas dit où ils nous emmenaient. On a entendu qu'il y en a
qui partaient à Marseille, à Nantes. Il y avait 3 bus. Ils ont vérifié
le nombre de personnes. Il y avait beaucoup de gendarmes devant et
derrière. On est parti à 2h du matin, on est arrivé à Lille à 6h du
matin. Directement sans s'arrêter, avec des motos et des petites
voitures de police devant, derrière, partout. Dans le bus, ils ont
ouvert les fenêtres, il faisait froid, on avait pas de bons vêtements,
on a demandé qu'ils ferment ils ont refusé et ils nous ont répondu
qu'ils étaient chez eux et qu'on devait rentrer chez nous. Les 3 bus
sont allés à Lille. On est d'abord allé dans le nouveau centre mais il
n'y avait pas assez de place pour tout le monde. Ici on est dans le
plein centre ville, dans un ancien centre fermé depuis deux ans qu'ils
ont rouvert exprès pour nous y mettre.

Ici il n'y a pas d'eau chaude, pas de chauffage, il fait froid.

On était 55 personnes de Vincennes à aller à Lille. Il y a eu des
libérations, ils disent qu'il en reste 47 sur les deux centres.

[A propos de la rumeur qui parle d'un deuxième mort dimanche :] J'en ai
entendu parler. A Vincennes il y avait une petite chambre d'isolement
pour nous punir. J'ai vu les policiers amener un monsieur en isolement,
on sait pas s'ils l'ont fait sortir, on l'a pas revu. Moi je le connais
pas, il était arabe.

Les travestis, je les ai vu sortir du gymnase mais je sais pas où ils
ont été emmenées.

A Lille, on n'a pas d'infos, la cuisine est pas préparée ils nous
donnent à manger froid, on mange pas bien. Ils viennent nous chercher
avec des CRS. Ils nous traitent comme des criminels. Ils nous fouillent
tous les jours. Ya pas de cartes. Ils nous comptent tous les jours, pas
comme à Vincennes, c'est quand on vient de manger, quand on sort de la
cantine.

Chambres de 2, 3, ou 4 personnes. Il y a des toilettes pour chaque
chambre, mais les douches sont dans le couloir. Ya qu'une seule cabine
téléphonique, l'autre marche pas bien. Même celle qui marche, on
s'entend pas, il faut taper.

La Cimade essaye de faire une défense pour demander la libération
collective des gens de Vincennes. Ils ont pris une personne de Vincennes
de chaque centre pour aller devant le juge. Ils l'ont fait une première
fois mercredi mais c'est pas réussi. Ils y sont retournés ce matin, j'ai
rien compris, je crois qu'ils font un recours. Ils sont partis ce matin
on a pas encore de nouvelles »

fermeturetention@yahoo.fr samedi 28 juin 2008.

le samedi 28 juin 2008 à 18h42

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