|
Forum BBoyKonsian
Luttes dans les centres de rétention (infos,articles,témoignages...) 93 - Autonome
Dernières nouvelles du centre de rétention de Vincennes, le lundi 16 juin 2008
CRA 2: « Quand je suis arrivé il y a une semaine et demi, on a essayé de faire une grève pour essayer de faire connaître les conditions de vie ici. Quand on veut faire un mouvement on arrive pas à faire bloc, les différences de nationalité posent problème, par exemple les russes et puis quelques arabes disent qu’ils suivent pas. C’est même pas par rapport à la communication, on essaye de prendre un représentant de chaque pays pour faire savoir ce qu’on veut faire.Ils m’ont arrêté à la gare du Nord, c’était un contrôle d’identité, les policiers étaient 4, ils arrêtaient que les gens de couleurs, arabes, noirs. Ils étaient en civil. Je les ai remarqués, ils étaient avec une fourgonnette marquée « police », les gens autour se rendaient pas compte, donc ils réagissaient pas. J’ai passé une journée à Cité en garde à vue. J’ai demandé à voir un médecin, la policière m’a répondu « vous n’avez pas besoin de médecin, vous êtes sportif ». C’était la première fois que j’étais arrêté donc je savais pas que c’était illégal, c’est après le procès verbal que j’ai eu un avocat et je me suis rendu compte. Ici c’est invivable, on voit de tout, il y a des mecs qui ont rien à faire là. Par exemple il y a un mec qui a été opéré du cerveau, il avait des cicatrices, il a été arrêté en pleine convalescence deux jours après être sorti de l’hôpital où il était resté un mois et demi, il doit se faire encore opérer le 20 juin. Sa tête continue à enfler ici. Ça fait cinq jours qu’il est dans le CRA. Il y a pleins de cas comme ça, il y a un gars qui a mal aux dents, son visage est enflé, il dort pas la nuit, il a vu un dentiste il y a une semaine, qui lui a dit que pour le moment il pouvait pas lui arracher ses dents et après il est revenu au centre, ils lui donnent des calmants mais c’est vraiment le minimum parce que depuis ça désenfle pas. On a pas le droit de faire entrer de la bouffe, comme quoi ça pourrait nous empoisonner alors qu’ils nous donnent des rasoirs bic, c’est quand même beaucoup plus dangereux! Ils nous foutent des distributeurs: c’est un gros marché, un buisness. Il n’y a à vendre que des choses pour le goûter, chocolat, coca, c’est que de la confiserie. Même en prison les mecs ont le droit qu’on leur ramène des paquets de clopes. Ils vendent ici les clopes et la nourriture au même prix qu’à l’extérieur.Je pense que GEPSA , qui s’occupe ici de la bouffe de la cantine, s’occupe aussi de ces machines. L’OMI [Office des Migrations Internationales] dit qu’on peut leur faire acheter des choses, du tabac cartes téléphoniques, ça marche mais on peut pas commander de la nourriture. C’est l’enfer la nuit il y a plein de moustiques, les murs sont couverts de sang des moustiques écrasés. Il y a des tentatives de suicide tous les jours, peut être trois par jour. Un mec qui devait prendre son vol a avalé une lame, il s’est coupé sur le ventre. C’est d’abord les policiers qui sont venu le voir, je les ai vu lui mettre des baffes [la communication a coupé] » CRA1 « Il y a des tentatives de suicide très souvent, presque tous les jours. Quand quelqu’un s’évanouit, ils viennent le prendre et l’emmènent à l’hôpital, et puis très souvent on entend que la personne a été expulsée, elle s’en va sans s’en rendre compte. Vendredi dernier c’est arrivé à un jeune malien, le lendemain un frère nous a appelé et nous a dit qu’il était dans son pays d’origine, il est arrivé là bas sans chaussures. Quand quelqu’un fait une tentative de suicide, les policiers le mettent dans un drap ou sur un brancard, ils minimisent l’acte, ils disent qu’il a bus seulement du shampoing, « c’est rien ». Tout le monde est pas pareil dans le centre, on arrive pas à faire un mouvement parce que bon nombre de gens sont pas motivés, ils ont peur des représailles, moi je leur dit qu’on peut pas sanctionner un groupe si ya pas de chef. Il y en a qui peuvent pas bien parler le français et pour faire une grève et écrire des revendications c’est difficile. On est obligé de fermer les yeux et la bouche, je trouve ça aberrant. On discute tout le temps entre noirs africains, on sait que derrière il y a des gens qui nous soutiennent et on en est très content mais il faut aussi se battre soi même. On voudrait que nos pays d’origine savent nos conditions de détention, et pas rétention (parce qu’avec ce mot ils masquent nos conditions de prisonniers), et se mobilisent devant les ambassades françaises. La manifestation de samedi a été très bien, on a entendu leurs voix. Les retenus ont crié et secoué la grille qui se trouve près de l’accueil et d’où on entend à l’extérieur. Un responsable a essayé de nous faire taire, il en a attrapé deux, les meneurs, mais ils se sont dégagés. Les mobilisations à l’extérieur sont nécessaires, ça nous incite beaucoup à faire des actions, à dénoncer les choses. Et vouloir la fermeture. J’ai entendu pendant une visite les policiers parler entre eux de 17 travestis arrivés au CRA 2. Ici c’est l’angoisse totale, quand on a son voisin de chambre qui se fait réveiller à 4h du matin emmené sans chaussures, attaché, bâillonné. On nous envoie à la justice comme si on était de très grands criminels, menottés, dans un fourgon avec des cages à l’intérieur, on nous enferme dedans. Je suis rentré 3 fois dans ce fourgon pour aller au tribunal, à chaque fois que j’y rentre je dis au policier « Nous sommes traités comme du bétail », le policier rigole. En cas d’accident, on peut pas être sauvé. Le combat doit continuer! » fermeturetention@yahoo.fr source ccc forum Clandestino
Paris : mutinerie au centre de rétention de Vincennes, les 2 bâtiments détruits et évacués
(Le 22 juin 2008) Publié le 22/06/2008 à 17:23 Reuters Incendie au centre de rétention pour étrangers à Vincennes Un incendie s’est déclaré dimanche au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne), où sont enfermés des étrangers sans papiers en instance d’expulsion, apprend-on à la préfecture de police. Le sinistre s’est déclaré dans l’après-midi et semble d’origine criminelle. La préfecture de police de Paris fait en effet état dans une déclaration à Reuters d’un 'départ simultané d’incendies dans les deux bâtiments du centre de rétention administratif à 15h45'. D’importants effectifs de pompiers ont été envoyés sur place. Un des deux bâtiments de ce centre, l’un des plus grands de France, au moins a brûlé, les deux sont en feu et ses occupants ont été évacués et d’abord transférés dans le gymnase de l’école de police situé à proximité. Ils ont cependant ensuite été transférés dans la cour, en raison d’un problème de fumée, a dit l’un des étrangers actuellement retenu à Vincennes, joint par téléphone par Reuters. Selon cette source, l’incendie serait lié à une émeute qui aurait éclaté en milieu d’après-midi. Elle serait notamment liée au décès d’un Tunisien sans papiers, samedi, au centre de rétention. Cette source fait état d’une quinzaine de personnes blessées dans l’incendie. Le décès du retenu tunisien samedi a provoqué selon l’association RESF une vive émotion chez les occupants du centre. La victime tunisienne a succombé à une crise cardiaque et n’a pas subi de violences, dit-on de source policière. Une enquête a été ouverte et une autopsie doit être effectuée. 'POLITIQUE CRUELLE, BRUTALE ET INHUMAINE' Les associations de défense des étrangers estiment, de leur côté, que ce décès est imputable à la politique du gouvernement et aux conditions de séjour dans les centres de rétention. 'Cette mort de trop est à mettre au funeste crédit de cette obsessionnelle politique cruelle, brutale et inhumaine qui criminalise l’immigration', dit le Mrap (Mouvement contre la racisme et pour l’amitié entre les peuples) dans un communiqué. Il estime que le décès doit constituer une alerte sur les conditions de séjours dans les centres de rétention - où sont enfermés les étrangers sans papiers en instance d’expulsion - qualifiés 'd’horreurs de la République'. Un collectif d’étrangers sans papiers avait appelé à manifester devant le centre de rétention de Vincennes, dimanche après-midi. On ignore si cette manifestation a un lien avec l’incendie. Les centres de rétention seraient actuellement surpeuplés et la tension y serait de plus en plus vive, selon les organisations de défense des étrangers. Des objectifs chiffrés annuels d’expulsions ont été fixés à l’initiative du président Nicolas Sarkozy. Le gouvernement n’a pas atteint en 2007 l’objectif de 25.000 expulsions d’étrangers sans-papiers qu’il s’était fixé. Le Premier ministre François Fillon a déjà indiqué à la presse que l’objectif pour 2008 était de 26.000 expulsions. Un projet de directive européenne adopté le 18 juin par le Parlement européen fixe à 18 mois la durée maximale de la rétention, très au-dessus du maximum légal français actuel, qui est de 32 jours. Le ministre de l’Immigration français Brice Hortefeux a toutefois annoncé qu’il n’entendait pas changer ce chiffre légal français. Incendie au centre de rétention de Vincennes, les retenus évacués PARIS (AFP,22 juin 2008) — Les deux bâtiments du centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes, le plus grand de France, ont été détruits dimanche dans un incendie d’origine indéterminée survenu dans un contexte de forte tension et les personnes retenues ont été évacuées. A partir d’informations recueillies sur place, des membres du réseau éducation sans frontières (RESF) contactés par l’AFP, faisaient également état de 'blessés', sans plus de précisions. Une journaliste de l’AFP constatait que les pompiers intervenaient toujours vers 18H00, dans une odeur de plastique brûlé. Deux incendies se sont déclarés simultanément vers 15H45 dans les deux bâtiments, -le CRA 1 et le CRA 2-, de ce centre qui abrite des sans-papiers en attente d’expulsion ou de libération, selon la préfecture de police (PP). 'Les deux bâtiments sont entièrement détruits et les personnes ont été évacuées dans le gymnase de l’école de police', dont le CRA est partie intégrante, a indiqué à l’AFP un policier du syndicat FO police, Luc Poignant, confirmant des informations données par des membres du réseau Education sans frontières présents sur place. L’origine de l’incendie est indéterminée, a-t-il précisé. Selon une source proche de l’enquête, des matelas auraient été enflammés. Le feu s’est déclaré alors qu’une manifestation d’un collectif de sans-papiers se déroulait depuis 15H00 environ devant le CRA, après le décès samedi d’un Tunisien sans-papier de 41 ans, mort d’une crise cardiaque. La PP a confirmé que les retenus avaient été évacués et regroupés dans le gymnase de l’école de police. Selon la Cimade, seule association habilitée à entrer dans les centres de rétention, le CRA 'fonctionnait à plein' vendredi, c’est-à-dire qu’il contenait environ 280 personnes. Selon ces sources, de nombreux véhicules du Samu, des ambulances, des camions de pompiers et un hélicoptère du Samu étaient sur les lieux. Les pompiers seraient intervenus tardivement, selon le responsable FO police, qui a ajouté que la présence des manifestants gênerait les opérations de secours. Les sapeurs pompiers ont mis en oeuvre tous les moyens de lutte dont ils disposaient pour éteindre l’incendie et porter assistance aux retenus et aux policiers incommodés par les fortes fumées, a estimé la PP. Le CRA de Vincennes, qui peut accueillir 280 personnes, a été ces derniers mois plusieurs fois le théâtre de tensions, certains retenus protestant contre leurs conditions de rétention. C’est le plus grand CRA de France. Ces incidents interviennent alors qu’un Tunisien de 41 ans est décédé samedi en fin d’après-midi au CRA de Vincennes, un évènement qui a déclenché des incidents, selon certains retenus, ce que la préfecture de police a formellement démenti. Selon une source proche de l’enquête, la personne est décédée 'd’une crise cardiaque, sans intervention des effectifs de police'. La préfecture de police (PP), qui avait confirmé le décès, a indiqué que ce ressortissant tunisien était 'sous le coup d’une interdiction définitive du territoire français décidée par un arrêt de la cour d’appel de Paris'. Un premier examen médical n’a décelé 'aucune trace suspecte sur le corps' a-t-on indiqué de source proche de l’enquête. Une autopsie devait être pratiquée ce dimanche. Des manifestants dimanche, à l’appel du 9e collectif des sans-papiers, protestaient pour 'exiger la fermeture des camps de rétention' et la régularisation des sans-papiers. Camarade
Communiqué de la section CNT - Cimade à propos de l'incendie du CRA de Vincennes :
Le CRA de Vincennes est mort et on ne le pleure pas ! Une prison pour sans-papiers de 280 places c'est une poudrière qui bafoue les droits des personnes, qui les pousse à la violence, qui les soumet à l'arbitraire des policiers. Nous, CNTistes de la Cimade, voulons dépasser le climat d'émotion autour de cette péripétie pour rappeler notre position: fermeture de tous les lieux de rétention, les CRA et les LRA. Oui nous travaillons à l'intérieur de ces camps que nous souhaitons fermer et nous continuerons à y aider, sans exclusive et sans jugement, nos camarades sans-papiers. Nous continuerons tant que ce système existera car c'est sur le terrain que se pratique la vraie solidarité ! Les socialistes veulent faire dans les CRA ce qu'ils ont fait dans les cités: repasser un coup de peinture en tentant de faire oublier que la rétention administrative est leur enfant ! Sans doute veulent-ils en profiter pour faire oublier leurs votes pour la directive de la honte ou leurs abstentions encore plus lâches. A l'heure où le ministère de l'immigration veut supprimer petit à petit la présence d'une association indépendante dans les CRA, nous demandons à tous les soutiens des sans-papiers d'être vigilants, pour que la parole de la Cimade ne soit pas étouffée. Pour qu’une réforme du CESEDA ne supprime pas la présence d'une association nationale et indépendante dans les CRA pour aider les personnes à l'exercice effectif de leurs droits ! Car comme toujours en France on préfère casser le thermomètre que d'expliquer pourquoi il indique de la fièvre. Nous ne reviendrons pas sur les alertes nombreuses envoyées aux ministères, sur les conséquences d'une politique du chiffre stupide et nous apportons tout notre soutien aux camarades de RESF ou de tous les collectifs qui sont désignés comme bouc émissaire par un gouvernement emmuré dans ses certitudes. Liberté de circulation et d'installation pour tous ! Suppression des lieux de rétention ! Le 25.06.08 La section syndicale CNT - Cimade cnt-cimade@cnt-f.org http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/comcimadecra.html Fédération CNT santé social & collectivités territoriales 33 rue des Vignoles 75020 Paris Tel: 06 28 33 42 43 Courriel: fede.sante-social@cnt-f.org Le Feu!!!
lu sur :http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=101446
CRA de Vincennes : nouveau témoignage Dernières nouvelles des exilés du centre de rétention de Vincennes à Lille. L'homme qui témoigne raconte en détail la mort du retenu (samedi 21), l'incendie du centre (dimanche 22) et son transfert à Lille. Par rapport à la mort du retenu cependant, si on veut un récit exact, il vaut mieux s'en tenir au témoignage publié dimanche dernier, il est plus complet et la personne qui raconte était un témoin direct des événements. Mais aujourd'hui le témoin a tenu a revenir sur le décès parce que visiblement il est intimement lié à l'incendie. Comme chacun sait, suite l'incendie le centre de Vincennes a été entièrement brûlé et est depuis fermé. Le témoin se trouvait dans le CRA 2 au moment des événements. « ça a commencé samedi, le jour où le monsieur est décédé. Il a demandé à son ami russe de le réveiller pour aller à l'infirmerie. Quand il est venu le réveiller il était gravement malade, il se réveillait pas, il a prévenu les policiers et ils sont venus une heure et demi après, entre temps il est mort. Il est mort dans le centre à cause des médecins qui ne sont pas venus. Une fois qu'il était mort, ils l'ont pris pour l'amener à l'hôpital. Ils nous ont pas laissé rentrer dans la chambre pour voir ce qui se passait. Ils ont dit que personne ne rentre, on leur a dit qu'on était pas d'accord, ils nous ont bousculés, nous ont était nombreux on a fait la bousculade, ils nous ont mis du gaz, ils nous ont frappé partout avec les matraques. Après on est resté tranquille. Ils nous ont dit que le monsieur est mort on leur a dit que c'était à cause d'eux. ils nous ont dit qu'il était mort à l'hôpital, on leur a dit que non. Dimanche vers 13h, on a fait la prière pour le mort, 10 minutes de silence. La prière n'était pas totalement musulmane il y avait des chrétiens aussi, on était ensemble. Après on a fait une marche dans les couloirs en disant « on est pas d'accord, on est pas content du tout, ils sont en train de nous maltraiter ». On était nombreux. La police nous disait qu'on voulait casser, on leur a répondu « on casse rien, on fait la marche pour montrer qu'on est pas d'accord, on est pas des criminels on a juste pas de papiers » Vers 15h, dans 2 ou 3 chambres ça a commencé à bruler, j'ai pris mes affaires. Partout il y avait des matelas dans le couloir et dehors. On continué à faire la manif pendant le feu et quand c'est devenu trop fort les policiers sont venus avec le gaz, ils voulaient qu'on aille tous dans un coin de la cour. Ils nous ont fait sortir par 3 ou 4 portes, 10 par 10. Puis on a dit « on bouge pas de la cour, si on meurt on veut mourir ensemble, on bouge pas ». Ils nous ont sortis avec la force, 10 par 10, pour aller de l'autre coté dans le gymnase. Ils ont frappé avec les gaz, les matraques, bousculade, poussé. Ils ont réussi à nous mettre tous dans le gymnase. Il n'y avait pas de fenêtre, il y avait du gaz dans le gymnase, les gens ont commencé à tomber partout, ils ont appelé les pompiers. Puis, ils nous ont emmenés dans la cour de l'école de police avec la force. 5 par 5. Là, il y avait des gendarmes avec les CRS. Ils nous tapaient parce que nous on disait qu'on voulait rester ensemble. Dans cette cour il y avait tout le monde, sauf les malades qui étaient sur des brancards avec des médecins. Les gendarmes nous ont entourés avec des camionnettes, ils ont laissé qu'un seul passage. A 23H ils ont dit « tout le monde venez manger », on a dit « personne ne mange ». Ceux qui ont accepté sont partis manger 10 par 10. Les 10 premiers ne sont jamais revenus, on a dit qu'on irait que s'ils revenaient. Finalement d'autres sont quand même allés manger mais pas moi. On a entendu qu'il y avait une manifestation dehors. Ils nous ont dit que si on voulait pas manger, on pouvait aller chercher nos affaires dans un coffre [là où les retenus déposent leurs affaires importantes à leur entrée dans le centre]. 3 par 3. On a dit « on bouge pas, c'est des conneries, ils vont nous emmener : il en a qui y sont allés les deux premiers groupes ne sont pas revenus ». Un monsieur, je crois que c'était le chef de police, a demandé si on a un délégué. On a dit qu'on est tous ensemble que ya pas de délégués ni de responsable. Ils ont commencé à parler avec Koné [celui qui est parti en GAV, accusé avec Ali d'incitation à l'émeute et d'incendie criminel, relâché mercredi soir]. Koné a demandé à aller voir ce qui se passe, on lui a dit de pas y aller, qu'il allait pas revenir. Ils ont dit qu'ils voulaient parler avec lui. Il n'est pas revenu. On a dit on bouge pas parce qu'il est pas revenu. Le chef a dit que de toute façon on dort pas ici. On a dit qu'on veut savoir ce qui se passe et on bouge pas. Après avoir emmené Koné, ils nous ont fait passer 5 par 5 et 7 par 7 pour aller plus vite. Là, ils nous ont demandé notre carte [qui était remise aux retenus à leur arrivée au centre de Vincennes], ils ont vérifié notre nom. Sur la carte il y a une photo, l'adresse de Vincennes, nos nom, prénom, nationalité, jour d'entrée dans le centre. C'est une carte qu'on lit avec une machine. J'ai donné la mienne, ils m'ont fouillé ils n'ont rien trouvé, ils m'ont donné mes affaires, mon portable et ils nous ont ramené dans le gymnase. On était tous là sauf Ali et Koné. Ils nous ont fait sortir un par un, avec deux gendarmes par personne qui nous tenaient par chaque bras jusqu'au bus. Ils nous ont pas dit où ils nous emmenaient. On a entendu qu'il y en a qui partaient à Marseille, à Nantes. Il y avait 3 bus. Ils ont vérifié le nombre de personnes. Il y avait beaucoup de gendarmes devant et derrière. On est parti à 2h du matin, on est arrivé à Lille à 6h du matin. Directement sans s'arrêter, avec des motos et des petites voitures de police devant, derrière, partout. Dans le bus, ils ont ouvert les fenêtres, il faisait froid, on avait pas de bons vêtements, on a demandé qu'ils ferment ils ont refusé et ils nous ont répondu qu'ils étaient chez eux et qu'on devait rentrer chez nous. Les 3 bus sont allés à Lille. On est d'abord allé dans le nouveau centre mais il n'y avait pas assez de place pour tout le monde. Ici on est dans le plein centre ville, dans un ancien centre fermé depuis deux ans qu'ils ont rouvert exprès pour nous y mettre. Ici il n'y a pas d'eau chaude, pas de chauffage, il fait froid. On était 55 personnes de Vincennes à aller à Lille. Il y a eu des libérations, ils disent qu'il en reste 47 sur les deux centres. [A propos de la rumeur qui parle d'un deuxième mort dimanche :] J'en ai entendu parler. A Vincennes il y avait une petite chambre d'isolement pour nous punir. J'ai vu les policiers amener un monsieur en isolement, on sait pas s'ils l'ont fait sortir, on l'a pas revu. Moi je le connais pas, il était arabe. Les travestis, je les ai vu sortir du gymnase mais je sais pas où ils ont été emmenées. A Lille, on n'a pas d'infos, la cuisine est pas préparée ils nous donnent à manger froid, on mange pas bien. Ils viennent nous chercher avec des CRS. Ils nous traitent comme des criminels. Ils nous fouillent tous les jours. Ya pas de cartes. Ils nous comptent tous les jours, pas comme à Vincennes, c'est quand on vient de manger, quand on sort de la cantine. Chambres de 2, 3, ou 4 personnes. Il y a des toilettes pour chaque chambre, mais les douches sont dans le couloir. Ya qu'une seule cabine téléphonique, l'autre marche pas bien. Même celle qui marche, on s'entend pas, il faut taper. La Cimade essaye de faire une défense pour demander la libération collective des gens de Vincennes. Ils ont pris une personne de Vincennes de chaque centre pour aller devant le juge. Ils l'ont fait une première fois mercredi mais c'est pas réussi. Ils y sont retournés ce matin, j'ai rien compris, je crois qu'ils font un recours. Ils sont partis ce matin on a pas encore de nouvelles » fermeturetention@yahoo.fr samedi 28 juin 2008. le samedi 28 juin 2008 à 18h42 xxl
yeast two hybrid
GABPA Epitope Mapping Albumin Protein GABPA edwardmars edwardmars Neural stem cells Stem Cell Research epidermal euregulin1 platelet factor 4 fibroblast growth factor 7 platelet factor 4 Albumin Protein fibroblast growth factor 7 TGFB1 Crystal Space gaozhiqiang'blog gaozhiqiang'blog gaozhiqiang'blog gaozhiqiang2'blog gaozhiqiang2'blog gaozhiqiang2'blog BMP4 protein creativebiomart'weebly |
|

Boutique
